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Un désir de rivages à la campagne. Patrimonialisation de loisirs « littoralistes » au sein d’espaces lacustres et de rivières de la Sarthe
La côte Atlantique, aux abords de l’estuaire de la Loire, a fait l’objet d’un tropisme touristique majeur dès le milieu du XIXe siècle, par la création de nombreuses stations de villégiature impulsées par des artistes puis des familles bourgeoises nantaises, parisiennes. Dans la première moitié XXe siècle, la démocratisation de l’accès aux vacances et l’amélioration des moyens de transports permis aux résidants du Pays nantais, de l’Anjou, du Maine de profiter d’établissements et d’équipements propices à des loisirs balnéaires au sein d’un littoral de proximité. Or, en 1950, la moitié des habitants des grandes agglomérations urbaines françaises n’ont pas quitté leur domicile pour des vacances, et pour plus de la majorité d’entre eux en raison d’une impécuniosité (« Les vacances des Français en 1950 » Études et conjoncture – Union française / Économie française, 6e année, n°4, 1951, pp. 64-72). En 2024, le nombre de départs a doublé. Pour autant, les habitants de l’hinterland qui ne se déplacent pas sur la côte, n’exercent-ils pas des pratiques de loisirs habituellement déployées au sein d’un milieu littoral ? L’aménagement des lieux nous démontre que les déplacements opérés vers les berges fluviales et lacustres en milieu rural témoignent d’une capacité des individus à faire avec un espace « autre » que celui du quotidien, et met en évidence une quête d’altérité que l’on retrouve au sein des espaces littoraux