La thèse analyse les formes que prend la participation citoyenne de jeunes de quartiers populaires et héritier·e·s de l’immigration dans la ville d’Angers. À l’intersection d’une approche socio-anthropologique (sociologique et ethnographique) et de la géographie sociale, la recherche met en évidence les contraintes auxquelles ces jeunes font face.
À partir d’études de cas, d’entretiens biographiques, de portraits de trajectoires ainsi que de focus groups, je m’intéresse en particulier aux formes de « politisation ordinaire » liées aux expériences et aux vécus de l’injustice.
L’enquête s’appuie sur deux niveaux d’observation. « Par le bas », elle repose sur une participation observante au sein de groupes associatifs, militants ou d’habitant·es, notamment à travers des initiatives culturelles et artistiques, ou des projets liés au pouvoir d’agir à l’échelle locale. « Par le haut », elle analyse des dispositifs portés par des institutions (maisons de quartier, politiques jeunesse, dispositifs participatifs...), en interaction avec des acteurs publics et municipaux.
L’analyse s’organise autour de trois séquences : les dispositions initiales à l’engagement, façonnées par les socialisations familiales, scolaires et territoriales, et les rapports initiaux au politique ; les expériences concrètes de participation et les circulations entre différents Espaces Publics Politiques et Citoyens (EPP(C)), ainsi que les processus de reconnaissance, de légitimation et de négociation avec les institutions ; enfin, les effets subjectifs et politiques de ces parcours, notamment à partir des expériences morales de l’injustice.
Elle montre que les engagements des jeunes et des habitant·es se déploient entre plusieurs dimensions de l’espace public, allant des plus institutionnalisées aux plus informelles ou « infra-politiques ».