Les derniers dépôts de Thomas Marec
Le genre en migration : ce que le rire nous apprend
Cette communication est issue d'un travail de thèse qui s'intéresse au rire dans le quotidien des personnes immigrées en Bretagne (France). En (nous) partageant des moments de rires, les personnes enquêtées font ressortir des lieux, des temporalités, des partenaires, des comportements, des thématiques dont le risible ne peut se saisir qu’à l’aune des parcours biographiques de chacun.e. Dès lors, à l’instar d’autres caractéristiques tels que le pays d’origine, l’âge ou la composition du foyer, le genre apparait comme une grille de lecture heuristique au moment de questionner le quotidien en migration par le prisme du rire. En premier lieu, les histoires drôles et anecdotes risibles collectées nous questionnent sur la place attribuée aux genres ainsi que sur les rôles qui leur sont assignés. Les précautions prises au moment d’aborder certaines thématiques en présence du sexe opposé nous interrogent également ; tant elles dessinent les contours d’un rire genré exclusif tout à la fois accueillant et excluant. D’ailleurs, nous constatons des attitudes qui favorisent, parfois, la mise en place d’espaces genrés aussi bien dans les associations que dans les foyers ou l’espace public. Jusqu’à quel point ces comportements sont-ils marqués par le bagage biographique de chacun.e ? Comment les expériences socio-culturelles vécues, les violences subies influencent-elles les sujets, les lieux et partenaires de leurs rires ? La (re)constitution de ces espaces (physiques et symboliques) répond-t-elle à un besoin d’ « entre-soi » qui « ouvre un espace entre assignations de genre et braconnages » (Flandrin, 2021, p. 269) ? Ces « assignations de genre » nous invitent plus largement à considérer le rôle joué par la société d’accueil. Dans quelle mesure les attitudes, repères, réflexes sociaux de chacun.e sont-ils impactés par ce que la société d’accueil propose, impose et attend des personnes immigrées en fonction de leur genre ? Le niveau de connaissance et de maîtrise des codes sociaux du pays d’accueil - eux-mêmes toujours en mouvement - renforce-t-il ou redistribue-t-il les relations sociales genrées ? Quels rôles peuvent jouer les éventuelles projections, souvent déçues, sur les dynamiques de genre mises en place par les personnes immigrées ? Dans ce contexte, le rire nous révèle-t-il une agentivité des genres (Guerry & Thébaud, 2020) ?
Avec les mêmes mots-clefs
Le vieillissement démographique. Des espaces ruraux plus vieillis, une gérontocr...
Une géographie en mouvement des lieux LGBTQIA+ nantais (3/3). La quête d'égalité...
Une géographie en mouvement des lieux LGBTQIA+ nantais (1/3). Les années 1970, d...
Les noms de rues à l’épreuve du genre. Des femmes (in)visibles (2/2)...
Les femmes et les hommes dans la ville : la parité au quotidien...