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Métabolisme français des plastiques : entre résistance des matières et des acteurs et promesse de circularité
Jeanne Perez. Métabolisme français des plastiques : entre résistance des matières et des acteurs et promesse de circularité. Géographie. Le Mans Université, 2026. Français. ⟨NNT : 2026LEMA3001⟩. ⟨tel-05504813⟩
Les plastiques sont au cœur des sociétés contemporaines par leur omniprésence quotidienne dans les activités de production et de consommation. Utilisé dans de nombreux secteurs d’activités industrielles depuis le début du 20e siècle, ce matériau synthétique est devenu indispensable tant pour ses propriétés de flexibilité, d’hygiène, que pour sa résistance et sa persistance dans le temps. À ce jour, plus de 5 300 formulations de plastiques sont disponibles sur le marché (Fini, 2021), ce qui rend la gestion de ces futurs déchets particulièrement complexe. Chaque type de plastique nécessite des méthodes de traitement spécifiques, dont certaines sont encore en phase de développement et de recherche. En 2021, seuls 9 % des plastiques produits dans le monde sont recyclés, les autres sont enfouis, incinérés ou non gérés (OCDE, 2022). Ils représentent une matière ambivalente, à la fois incontournable et source de pollutions des écosystèmes et des corps. En France, face à une gestion tardive et fragmentée des plastiques, la loi AGEC de 2020 marque un tournant vers une économie dite « circulaire ». Cependant, peuvent-ils réellement faire l’objet d’une gestion circulaire ? Que nous apprennent les circulations de flux plastiques à l’échelle française ? Comment les acteurs réagissent-ils et évoluent-ils face à ce nouveau contexte de circularité ? Pour répondre à ces questionnements, nous proposons une réflexion interdisciplinaire sur les (re)structurations des flux plastiques français. Le métabolisme territorial est mobilisé comme cadre théorique et méthodologique afin d’apprécier finement l’empreinte matérielle du territoire français et, plus largement, son régime socio-écologique. Au travers d’une approche à la fois quantitative et qualitative, l’étude s’appuie particulièrement sur deux écoles de pensée, la Political Industrial Ecology (PIE) et l’Écologie Territoriale (ET). Cela permet de comptabiliser et de suivre les circulations et les transformations de ces flux. L’analyse de la gouvernance des flux est également centrale pour appréhender les jeux d’acteurs. La matière plastique est ainsi appréciée comme un objet d’étude géographique, à la fois matériel (compositions chimiques, flux, pollution) et social (acteurs, pouvoirs, territoires).Cette étude métabolique démontre que les circulations des flux plastiques sont complexes et dépendantes d’un système d’acteurs multiples. Ces circulations révèlent plus qu’un cheminement d’un point A à un point B : elles éclairent l’ambition performative de la circularité des plastiques. L’injonction et la promesse de « circulariser » les flux plastiques a donné naissance à des pratiques, des discours et des visions inédites, qui influencent les transformations possibles des filières et renforcent les résistances de ce système sociotechnique.
Ent of this future waste particularly complex. Each type of plastic requires specific treatment methods, some of which are still in the development and research phase. In 2021, only 9% of plastics produced worldwide are recycled, with the rest being landfilled, incinerated or left unmanaged (OCDE, 2022). They represent an ambivalent material, both indispensable and a source of pollution for ecosystems and bodies. In France, faced with delayed and fragmented plastic management, the 2020 AGEC law marks a turning point towards a so-called ‘circular’ economy. However, can plastics really be managed in a circular way? What can we learn from plastic flows in France? How are stakeholders reacting and evolving in this new context of circularity? To answer these questions, we propose an interdisciplinary reflection on the (re)structuring of French plastic flows.Territorial metabolism is used as a theoretical and methodological framework to finely assess the material footprint of French territory and, more broadly, its socioecological regime. Using a quantitative and qualitative approach, the study draws particularly on two schools of thought: Political Industrial Ecology (PIE) and Territorial Ecology (TE). This makes it possible to account for and track the circulation and transformation of these flows. The analysis of flow governance is also central to understanding the interplay between actors. Plastic is thus assessed as a subject of geographical study, both material (chemical composition, flows, pollution) and social (actors, powers, territories).This metabolic study demonstrates that plastic flows are complex and dependent on a system involving multiple actors. These flows reveal more than just a journey from point A to point B: they shed light on the performative ambition of plastic circularity. The injunction and promise to ‘circularise’ plastic flows has given rise to new practices, discourses and visions that influence the possible transformations of the sectors and reinforce the resistance of this socio-technical system.
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