Léonie BOISSIERE, doctorante en histoire contemporaine à l’Université Côte d’Azur : Des plaines aux montagnes : introduire l’exotisme dans les départements français sous le Premier Empire
Résumé. Privé de ses colonies depuis 1792 et confronté au blocus britannique dès 1806, l’État napoléonien lance un vaste projet agronomique. Il s’agit d’introduire des plantes exotiques dans les départements de l’Empire, que ce soit en montagne ou en plaine, comme dans les Alpes-Maritimes ou la vallée du Pô. En cultivant des ressources étrangères, l’Empire tente donc de renforcer son économie, en particulier les secteurs du textile et du sucre. Cependant, sa mise en œuvre présente plusieurs défis : développer des savoirs adaptés, organiser l’approvisionnement en semences, sensibiliser les cultivateurs et intégrer ces cultures aux pratiques agricoles existantes. Cette intervention tente de compléter une histoire de cette première vague d’acclimatation en la replaçant dans un contexte de rivalité franco-britannique et d’industrialisation, en adoptant une approche comparative entre les départements de l'Empire.
Margaux BOISGONTIER, doctorante en géographie, UMR ESO, Université de Caen Normandie : Lutter contre les violences conjugales en campagnes : ce que résistances des victimes, mobilisations collectives et réponses institutionnelles peuvent révéler des ruralités en transformation
Résumé. Les mécanismes constitutifs des violences conjugales contribuent à produire des parcours de sortie longs, discontinus et exposant les personnes victimes à des risques accrus. Dans les contextes ruraux, des facteurs socio-spatiaux spécifiques - tels que la faible densité et dispersion des services spécialisés, l’éloignement des ressources d’accompagnement, le poids des systèmes d’interconnaissance - complexifient à la fois ces parcours de sortie des violences pour les personnes victimes mais aussi le travail d’accompagnement des professionnel·les les aidant. Toutefois, ces caractéristiques propres aux ruralités ne constituent pas uniquement des contraintes : elles favorisent également des formes d’adaptation et
d’expérimentation dans la prise en charge de ces violences. À partir d’une enquête de terrain multi-scalaire menée depuis 2022 auprès d’une diversité d’acteur·ices engagé·es dans la lutte contre les violences conjugales et au sein de contextes ruraux différenciés, cette communication présentera les premières analyses d’une recherche doctorale en cours sur les configurations socio-spatiales contemporaines de cette lutte en milieu rural. Elle mettra en relation les formes d’action déployées avec la diversité des types de ruralités et montrera en quoi le sujet de la lutte contre les violences conjugales constitue, aussi, un analyseur des transformations en cours des mondes ruraux et des mobilisations collectives en campagne.