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Jorge Alan Sanchez Godoy
CARNAVALS INDÉPENDANTS ET REVITALISATION DU NIÇOIS
Jorge Alan Sanchez Godoy. CARNAVALS INDÉPENDANTS ET REVITALISATION DU NIÇOIS. Éditions de l’UO. Faire carnaval, faire politique ?, Éditions de l’UO, 2023, FAIRE CARNAVAL, FAIRE POLITIQUE ?, 978-2-87306-163-0. ⟨hal-05676930⟩
Au cours des années 1990, un nouveau mouvement culturel se développe à Nice autour de l’occitanisme. Ce mouvement va se rapprocher des milieux associatifs et artistiques. De ce fait, vont apparaître sur la scène urbaine trois collectifs (Nux Vomica, Diables Bleus et Zou Maï) qui vont consolider un discours critique sur l’identification de Nice au travers du label Côte d’Azur (Cuturello & Rinaudo 2002).1 Ils vont aussi impulser fortement les fêtes populaires et la réintroduction de la langue niçoise, comme outil de restauration de réseaux solidaires et de réanimation de la vie sociale des quartiers défavorisé de l’Est de Nice. Les groupes de musique, les collectifs et les associations issus de cette effervescence culturelle ont participé de façon étroite aux activités festives populaires, aux performances, à la critique de la logique marchande et de la vocation touristique de cette French Riviera. En 1990, la création du Carnaval indépendant du quartier Saint-Roch à Nice cristallise le centre de l’action de la communauté artistique niçoise contre la perte d’authenticité et la marchandisation d’un autre évènement : le Carnaval officiel de la ville de Nice (Cuturello & Rinaudo 2002). Ce carnaval officiel est au coeur des politiques touristiques et de promotion des différents labels régionaux, à l’instar d’autres évènements, comme le Festival International de Cinéma à Cannes ou le Grand Prix de La Formule 1 à Monaco. Ce carnaval traverse l’imaginaire du touriste, visiteur-spectateur, qui vient massivement sur la Côte d’Azur pendant la période de cette festivité hivernale. En opposition, les carnavals indépendants, dont celui de Saint Roch, propose une réponse énergique contre ce carnaval « touristique ». Selon Cuturello et Rinaudo (2002), on pourrait dire que cette fête de quartier représente l’expression de la dignité du peuple, de la résistance de l’art populaire, et de la défense de l’authenticité niçoise. L’opposition entre ces deux types de festivités, carnaval officiel et carnaval indépendant, symbolise les désaccords profonds entre deux groupes d’acteurs sociopolitiques : les acteurs politiques « officiels » (élus de la ville, département, région), et entrepreneurs du tourisme d’un côté ; militants locaux et artistes indépendants de l’autre.
During the 1990s, a new cultural movement emerged in Nice centred on Occitanism. This movement forged links with community and artistic circles. As a result, three collectives (Nux Vomica, Diables Bleus and Zou Maï) emerged on the urban scene, consolidating a critical discourse on Nice’s identity as defined by the Côte d’Azur label (Cuturello & Rinaudo 2002).1 They also provided a strong impetus for local festivals and the reintroduction of the Niçois dialect as a means of rebuilding networks of solidarity and revitalising social life in the deprived neighbourhoods of eastern Nice. The music groups, collectives and associations that emerged from this cultural effervescence were closely involved in popular festive activities, performances, and the critique of the commercial logic and tourist-oriented nature of the French Riviera. In 1990, the creation of the independent Carnival in the Saint-Roch district of Nice became the focal point of the Nice artistic community’s campaign against the loss of authenticity and the commercialisation of another event: the official Carnival of the city of Nice (Cuturello & Rinaudo 2002). This official carnival lies at the heart of tourism policies and the promotion of various regional brands, much like other events, such as the Cannes International Film Festival or the Formula 1 Grand Prix in Monaco. This carnival captures the imagination of the tourist, the visitor-spectator, who flocks to the Côte d’Azur in huge numbers during the period of this winter festival. In contrast, independent carnivals, including that of Saint Roch, offer a vigorous response to this ‘tourist’ carnival. According to Cuturello and Rinaudo (2002), one could say that this neighbourhood festival represents an expression of the people’s dignity, the resilience of folk art, and the defence of Nice’s authenticity. The contrast between these two types of festivities – the official carnival and the independent carnival – symbolises the deep-seated disagreements between two groups of socio-political actors: the ‘official’ political actors (elected representatives at city, departmental and regional level) and tourism entrepreneurs on the one hand; and local activists and independent artists on the other.