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La resignification sociale de l´espace de résistance. Les coupures des routes en tant qu’expression de protestation sociale en Argentine.
Cristina Carballo & Brisa Varela, Université nationale de Luján (Argentine)
La réalité de l’Amérique Latine observée au début du XXIème siècle exprime le visage caché des modèles néolibéraux et privatisants, imposés d’une façon accélérée dans les dernières décennies, et en même temps, les espaces d’exclusion sociale et économique montrent l’influence directe ou indirecte des processus de restructuration productive de la région ainsi que leur position de plus en plus négligée dans le cadre de l’économie mondiale.
Aux facteurs de pauvreté et de marginalité auxquels se trouve condamnée aujourd’hui au moins la moitié de la population, il faut ajouter la crise de représentation politique des partis traditionnels qui ont laissé « à la dérive » des grands secteurs de la population qui cherchent maintenant de nouvelles formes d’expression sociale.
En Argentine la vitesse du processus de paupérisation et de chômage est directement liée au modèle de Reforme de l´État des années quatre-vingt-dix, marqué par de hauts niveaux de corruption et un manque de contrôle des entreprises privées qui ont produit la majeure concentration historique de la richesse.
Dans ce cadre, nous pouvons remarquer de nouvelles formes et de nouveaux territoires pour la protestation sociale, parmi lesquels le Mouvement et l’organisation des chômeurs surgit. La stratégie spatiale de ces mouvements sociaux, quelle serait-elle ?
L’expérience des coupures des routes initiée par les chômeurs, resignifie le rôle de l’espace public et de la mise en pratique de la participation des citoyens ; dans cette exposition nous visons aux aspects territoriaux qui surgissent des mouvements sociaux de résistance qui viennent s’installer dans le Gran Buenos Aires. En opposition à d’autres expressions territoriales de protestation, les piqueteros apparaissent en tant que des noeuds de résistance sociale, se plaçant dans les principaux « couloirs » d’entrée à la Métropole. Cependant, la fréquence et la taille de chaque protestation se modifie d’après la conjoncture, nonobstant, sans doute ces manifestions ont fortement augmenté en signalant une carte sociale dynamique qui se redéfinit jour après jour comme une conséquence des politiques externes et internes peu réussies qui poussent le processus de désagrégation sociale.
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