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L’essor des communautés résidentielle fermées en Australie : une remise en cause du modèle sociétal australien
Gérald Billard, professeur à l’université de Rouen, FRE 2795 "Identité et différenciation des espaces, de l’environnement et des sociétés"
François Madoré, professeur à l’université de Nantes, UMR 6590 "Espaces et Sociétés"
L’objectif de cette communication est de montrer comment une forme spatiale en émergence ces deux dernières décennies en Australie, à savoir la communauté résidentielle fermée, est susceptible de nous éclairer sur certaines transformations sociétales. Autrement dit, quelle lecture sociale peut-on faire du phénomène ? Deux temps forts rythmeront cette communication.
Nous effectuerons, dans un premier temps, un état des lieux du développement des communautés résidentielles fermées, en insistant sur deux dimensions, la diffusion géographique du phénomène à l’échelle du pays et les formes prises par ces communautés. Deux types peuvent en effet être distingués : d’une part, celles situées dans la proche banlieue ou en frange suburbaine et peuplée de résidants permanents issus essentiellement des classes moyennes/supérieures blanches d’origine australienne ; d’autre part, celles située en contexte balnéaire le long du littoral oriental, mixant résidence principale et secondaire et s’apparentant à la resort communities articulée autour des loisirs.
Dans un deuxième temps, nous interrogerons les hypothèses susceptibles de rendre compte de l’essor des communautés résidentielles fermées en Australie. Trois registres peuvent être identifiés, pour partie interdépendants : celui des préoccupations sécuritaires, de la distinction sociale et de la gouvernance à l’échelle locale. Au total, cette forme spatiale n’est-elle pas révélatrice de l’évolution du modèle sociétal australien, fondé sur la représentation d’une société relativement égalitaire et « lisse » ?
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