Le genre à ESO …

La thématique « genre et sexualités » constitue aujourd'hui une dimension transversale structurante du programme scientifique de l'UMR ESO.

Dans le passé de l’UMR « Le poids de la "classe" a en quelque sorte fait écran et obstacle au genre » (R. Séchet, Colloque Espace en partage, 2014), même si ce thème était présent dans l’UMR depuis longtemps. L’impensé du carcan de la répartition des rôles sexués propre au modèle hétéropatriarcal a imprégné la géographie de l’espace vécu (années 1970) ainsi que les textes fondateurs de la géographie sociale de l’Ouest de la France (début des années 1980). La montée en puissance des travaux déployés autour du genre et des sexualités atteste d’une forte prise à partir de 2011 avec la constitution d’un « groupe Genre » au sein de l’UMR (coordonné par E. Flahault), réunissant les chercheur.e.s travaillant déjà sur ces thèmes et renforcé par le recrutement de plusieurs chercheur.e.s (E. Jaurand, S. Leroy) et post-doc (R. Borghi). Dans la même dynamique, ESO a été dès 2011 une unité motrice (la première en section 39) dans la création du GIS Institut du Genre (2012).

À partir de 2011, le séminaire « Genre et Norme », hébergé à la MSH Ange Guépin et impliquant plusieurs membres d'ESO a permis de discuter des travaux en cours dans une perspective pluridisciplinaire. D'abord circonscrit à Nantes (2011-2012), le séminaire s'est étendu au Mans et à Angers dans le cadre du programme thématique Genre et discriminations de la MSH (2013-2014) puis du programme Régional GEDI – Genre et discriminations sexistes et homophobes (2014-2017). Par ailleurs, en 2012, deux séminaires de l'axe transversal ESO ont été consacrés à ce concept, aboutissant en fin d'année à la publication d'un dossier dans le numéro 33 de la revue ESO Travaux et documents.

Des journées d'étude et colloques viennent confirmer la dynamique engagée :

 

Les recherches sur la fabrique spatiale du genre s'intéressent à l'expérience des femmes dans les espaces publics : femmes âgées dans la thèse de M. Bigo (Rennes), adolescentes dans celle d'A. Landais (Rennes), lesbiennes dans les programmes PRIDGENR (2012) et LESBOTER (2012), qui montrent l’intériorisation des pratiques et des comportements qui caractérisent l’expérience des femmes dans les espaces publics en s’appuyant sur la distinction entre « dedans » et « dehors » ; et à celle des femmes et des hommes de milieux ruraux dans le projet GIS TerFaGe (2013), qui a mis en évidence les difficultés méthodologiques d'appréhension des pratiques spatio-temporelles sexuées en milieu rural. Elles s'attachent également à l'impact des politiques sociales locales sur la qualité de vie et les conditions d'emploi des femmes (programme européen FLOWS, 2011-2014), et aux discriminations indirectes produites par les politiques locales dans des espaces ruraux et péri-urbains : GEDI (2014-2017). Les sexualités sont au cœur de plusieurs de ces recherches, ainsi que de la thèse de D. Trauchessec (Angers) sur la sexualité dans l’espace public et le programme Net Gay Baromètre (A. Léobon, 2012-2013) qui interroge les discriminations ressenties par les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes

On peut enfin noter que l'investissement sur ce champ de recherche concerne également les personnels techniques et d'ingénierie, depuis la collecte/négociation de données jusqu'au traitement statistique et cartographique et à sa valorisation en passant par la recherche elle-même : T. Allard, M. Bigoteau, C. Lamberts.

 

cet espace collaboratif est destiné à 

  • mutualiser des informations et des documents, 
  • recenser les travaux en cours et les projets déposés 
  • partager des connaissances, 
  • construire un langage commun, 
  • initier et développer des travaux collectifs.