Les caractéristiques socio-spatiales du quartier, de la région de résidence et le bien-être des habitants.Une analyse multiniveaux de l’enquête de santé belge.

PENELOPE FISZMAN (pfiszman @ ulb.ac.be), Laboratoire de Géographie Humaine, Centre de l’Economie de l’Education, Université Libre de Bruxelles

Les politiques de santé publiques préconisent des pratiques communautaires. Par ailleurs, la ségrégation résidentielle implique que les différentes catégories de population (socio-économique, démographique ou ethnique) ne sont pas réparties de manière homogène sur le territoire. Le marché du logement est tel que les grandes familles s’installent plutôt dans des quartiers regroupant plus de maisons individuelles, mais aussi que les individus qui possèdent de plus grands moyens financiers disposent d’une plus vaste gamme de possibilités lors du choix d’un quartier de résidence. La question est de savoir si ce choix, ou ce non choix, d’un certain type de quartier de résidence va influencer le bien-être des habitants. Cette question est ici abordée via une analyse empirique réalisée sur un échantillon de plusieurs milliers d’individus regroupés en plusieurs milliers de ménages et de quartiers, eux-mêmes extraits de 39 arrondissements belges, et qui est issu de l’Enquête Santé 2001. Afin de prendre en compte cette structure hiérarchisée, les techniques de régression multiniveaux ont été choisies. Le niveau de bien-être, assimilé à sa dimension plus médicale, est estimé par l’état de santé subjectif. Les analyses ont permis de montrer que celui varie selon les caractéristiques propres aux individus et aux ménages (leur âge, leur sexe, leurs caractéristiques socio-économiques) mais que le standing du quartier de résidence ainsi que le degré d’urbanisation jouent également un rôle indépendant. Ainsi l’étude montre qu’il vaut mieux vivre dans un quartier de standing socio-économique élevé et en banlieue ou en milieu rural pour se sentir en meilleure santé. Par ailleurs, même en ayant pris en compte ces diverses caractéristiques, il subsiste des disparités inter arrondissement significatives. Plus particulièrement, une opposition Nord (Flandre), Sud (Wallonie) se dessine. Ces résultats comportent des implications politiques non négligeables. En effet, plutôt que d’agir en se focalisant sur la modification de comportements individuels ou sur l’hypothétique amélioration des caractéristiques socio-économiques des individus, des actions plus globales centrées sur la communauté ou sur le contexte local s’envisagent.