Migrations et stratégies résidentielles de citadins en milieu périurbain et rural : Attentes et perceptions vis-à-vis de la ville et de la campagne

Jean-Pierre HERMIA( Aspirant au F.N.R.S.)
Amel BAHRI( Groupe d’Etudes de Démographie Appliquée - Université catholique de Louvain)
Thierry EGGERICKX( Chercheur qualifié au F.N.R.S.)
Jean-Paul SANDERSON( Groupe d’Etudes de Démographie Appliquée - Université catholique de Louvain)

1. Introduction 

Depuis plusieurs décennies, un important processus migratoire vers des communes périurbaines et rurales redistribue massivement la population de l’aire métropolitaine bruxelloise depuis le centre vers la périphérie. Cette périphérie proche et plus lointaine se trouve de ce fait en complète mutation socio-démographique. 

En 2002, le GéDAP [1 ] a réalisé une enquête auprès d’un échantillon de 346 ménages ayant migré de Bruxelles vers la province du Brabant wallon entre 1993 et 1998. Cette enquête avait pour objectifs d’une part, de connaître la ou les motivations de cette migration résidentielle, d’autre part, d’étudier la qualité de vie, et cela aussi bien dans les communes d’arrivée dans le Brabant wallon, que dans celles de départ, les communes bruxelloises. Il s’agissait également de déterminer si cette migration s’inscrivait ou non dans un processus de rejet de la ville. 

Des travaux sur cette thématique ont déjà révélé l’existence de plusieurs phases de migration vers des zones périurbaines et rurales, s’inscrivant dans le temps et l’espace. De la même manière, les premiers résultats de l’enquête ont permis de distinguer trois groupes de communes qui correspondent chacun à une phase du processus migratoire depuis la capitale belge vers ces régions (Hermia, Eggerickx et Sanderson, 2003). 

En tenant compte de ces trois zones, l’objectif développé ici vise à approfondir les résultats de cette enquête en étudiant les stratégies de migration de ménages, ainsi que les motivations, les attentes et les perceptions que ces migrants éprouvent vis-à-vis de leur nouveau lieu de vie, mais aussi à l’égard de la ville qu’ils ont quittée. 

Par l’analyse des stratégies de migration de ménages et par l’étude des motifs migratoires, des attentes et des perceptions de ces anciens citadins installés en milieu périurbain et rural, nous souhaitons connaître quelles sont les motivations et les attentes recherchées, plus particulièrement d’ordre culturel et environnemental ; et si celles-ci sont, d’après eux, effectivement associées aux nouveaux lieux de résidence. 

2. Le contexte socio-démographique 

Province généralement considérée comme la banlieue verte de Bruxelles, le Brabant wallon (Figure 1) a connu une véritable explosion démographique au cours des cinquante dernières années. De 180.000 habitants au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sa population est aujourd’hui de plus de 360.000 personnes. Ce boom démographique est le résultat de la redistribution de la population bruxelloise vers les franges extérieures de son agglomération (Hermia, 2003). La proximité de Bruxelles, pôle d’emploi incontournable, un cadre environnemental plaisant, la création de Louvain-la-Neuve, de son université et de son parc scientifique high tech, des communes bien desservies par un réseau de voies de communication rapides constituent autant de facteurs qui expliquent l’essor démographique qui caractérise cette zone depuis plusieurs décennies. L’extension spatiale de ce processus de périurbanisation s’est déroulée en plusieurs phases, incluant progressivement de nouvelles communes. Nous avons ainsi identifié trois zones (Figure 3) correspondant à autant de phases de périurbanisation successives (Hermia, Eggerickx et Sanderson, 2003). 

Figure 1. Localisation de l’agglomération bruxelloise et de ses composantes au sein de la Belgique 


 

L’enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de vie en Brabant wallon : méthodologie et premiers résultats 

Au total, 346 ménages ayant migré entre le 1er janvier 1993 et le 31 décembre 1997 de la Région bruxelloise (19 communes) vers le Brabant wallon ont été interrogés au cours de l’année 2002. Cette enquête avait trois objectifs majeurs (Eggerickx, 2003) : · Connaître la(les) motivation(s) de la migration résidentielle. · Étudier la qualité de vie en Brabant wallon et dans les communes bruxelloises de départ. · Déterminer si cette migration s’inscrit ou non dans un processus de rejet de la ville. 

Trois grappes de communes ont été distinguées, correspondant à autant de phases du processus de périurbanisation (Eggerickx et al., 2002). Un nombre quasiment identique d’enquêtes a été réalisé dans chaque grappe(Figure 3). La sélection des ménages enquêtés s’est réalisée de la manière suivante : nous disposons du fichier de données individuelles – mais anonymes – du Registre national, grâce auquel nous avons sélectionné les ménages ayant migré entre 1993 et 1998 de l’agglomération bruxelloise vers le Brabant wallon. Deux variables importantes – l’âge et le type de ménage – déterminent sensiblement la propension à migrer ; la représentativité de l’échantillon des 350 enquêtes a été assurée en fonction de celles-ci. 

La pise en compte de trois zones s’inscrit dans un processus de fragmentation spatiale du Brabant wallon (Hermia, Eggerickx et Sanderson, 2003) : 
- La seconde zone se détache des deux autres, et correspond très largement à la représentation de l’espace périurbain habituellement véhiculée (Bauer et Roux, 1976 ; Berry et Dahmann, 1977 ; Rhein, 1988 ; Champion, 1989 ; Hermia, 1998 ; Hermia, 2003) : les couples avec enfant(s)s y sont nettement majoritaires, et les nouveaux venus, attirés par cet environnement champêtre, s’y installent définitivement. 
- La première zone, pour sa part, largement urbanisée, correspond plus à un lieu de passage, frange interne de l’agglomération bruxelloise, zone d’accueil des nombreux étrangers européens nantis, qui y trouvent quiétude et standing élevé à travers un marché immobilier hyperactif dont les (très) hautes valeurs n’effraient pas les nouveaux venus. 
- Enfin, la troisième zone de périurbanisation constitue la charnière des deux précédentes : elle est appréciée par de jeunes ménages plus mobiles, attirés par les logements (encore) abordables et séduits par un environnement relativement préservé. Il s’agit cependant de ménages pour lesquels la constitution de la famille demeure encore inachevée, ce qui entraînera peut-être une nouvelle migration, plus définitive. 

Figure 2. Evolution de la population des 3 zones de périurbanisation de 1950 à 2004 (1950 = indice 100) 



Source : I.N.S. 


Le profil moyen des ménages enquêtés : 

Le profil moyen des 346 ménages est celui d’un couple marié (68% des cas), avec enfant(s) : plus de 70% des ménages enquêtés ont au moins un enfant. La taille moyenne des ménages est de 3,39 individus, tandis qu’au niveau national comme en région wallonne, la taille est de 2,41 personnes (en 2001). Le chef de ménage, qui est un homme dans 80% des cas, exerce une activité professionnelle (82%) [2 ]. Son âge moyen au 1/1/2002 est d’environ 45 ans : 44,2 ans lorsqu’il s’agit d’un homme, et 47,0 ans pour les 20% de femmes identifiées comme chefs de ménage. 

En termes d’instruction du chef de ménage, environ 60% présentent un niveau supérieur, que ce soit universitaire (29%) ou non universitaire de type court (écoles supérieures, instituts, etc., soit 31%). Pour le reste, 25% ont arrêté leurs études au lycée (secondaire supérieur), et 15% ont un niveau au plus relevant du collège, voire du primaire (4%). 

Enfin, on observe qu’il s’agit de ménages disposant de revenus relativement supérieurs à la moyenne nationale : le revenu moyen par ménage en 2001 est de 2058€ et 1939€ respectivement pour le royaume et la région wallonne. Dans la population enquêtée, si 13% des ménages déclarent un revenu mensuel net inférieur à 1239€, un quart des ménages ont un revenu compris entre 1239 et 2478€, et 35% des revenus supérieurs à 2479€.


Les caractéristiques générales des enquêtés en Brabant wallon : une analyse exploratoire 

Avant de développer en détail les résultats de l’enquête, il est utile de dégager les caractéristiques qui résument et structurent [3 ] le mieux l’ensemble des ménages enquêtés. Pour cela, nous avons réalisé une analyse multivariée sur les 346 ménages, en prenant en compte un ensemble de caractéristiques d’ordre géographique, socioéconomique, démographique et relatives au projet et au lieu d’emménagement en Brabant wallon. En terme de résultats, nous présentons brièvement les trois premières dimensions [4 ] qui résument le mieux les caractéristiques de ces ménages : elles totalisent 22,3% de l’information [5 ]. Ensuite, nous analyserons plus en détail le graphique des dimensions 1 et 3. 

Dimension 1 : « composition de ménage et choix résidentiel » 

La première dimension se rapporte aux caractéristiques des ménages et à leur choix résidentiel. Elle place en opposition d’une part, les ménages de taille 2, à ceux comportant 4 à 6 personnes, et notamment des couples mariés avec enfant(s). Par ailleurs, l’axe 1 discrimine ces ménages en fonction de l’âge du chef de ménage – les groupes d’âge 25-29 ans et 40-54 ans s’opposant aux 55 ans et plus – ainsi qu’en fonction de caractéristiques socioéconomiques telles que le niveau d’instruction du chef de ménage, le revenu mensuel net déclaré, et du statut d’occupation du logement actuel. Enfin, l’axe 1 distingue, mais dans une moindre mesure, les ménages selon que le déménagement de la capitale vers le Brabant wallon était envisagé avec l’objectif initial de construire, d’acheter ou bien de louer un logement. 

Figure 3. Localisation des 3 zones de périurbanisation bruxelloise au sein du Brabant wallon et de la Belgique 


 


Dimension 2 : « composition de ménage et objectif migratoire » 

De façon similaire, la seconde dimension se traduit aussi par une structuration des ménages selon leurs caractéristiques socioéconomiques et démographiques. Mais son intérêt propre - et supplémentaire par rapport à la dimension 1 - paraît moins évident à interpréter. Pour mettre en évidence sa structuration de façon plus intelligible, il faudrait développer l’analyse à partir de dimensions plus marginales. Par marginales, nous entendons ici les dimensions 4, 5, 6, 7, etc non présentées dans cette étude. Celles-ci structurent moins l’ensemble global des ménages, en revanche elle permettent la mise en évidence de structures entre des variables bien spécifiques, qui peuvent ainsi révéler les caractéristiques d’un profil de ménage bien particulier. 
Néanmoins, en dehors de ces caractéristiques socioéconomiques et démographiques, la dimension 2 rend compte de manière satisfaisante de l’opinion des ménages sur l’adéquation entre la migration résidentielle effective, et l’objectif en termes de lieu et de type de résidence initialement poursuivi. Ainsi, la dimension 2 permet de distinguer les ménages enquêtés selon qu’ils estiment leur objectif globalement réalisé ou non : ce sont les ménages de couples les plus jeunes (l’âge du chef de ménage est de 25-39 ans) avec un enfant et, sans surprise, les ménages aux revenus relativement les plus bas (1239-1858€) qui déclarent leur objectif résidentiel non réalisé. 

Dimension 3 : « ségrégation spatiale et sociale » 

La troisième et dernière dimension se caractérise par quatre types de variables. Il s’agit des variables relatives au groupe géographique des communes du Brabant wallon, à la dominance sociale du quartier [6 ], au niveau d’instruction du chef de ménage et au revenu mensuel net du ménage. 

Nous avons défini trois groupes de communes en fonction de leur distance par rapport à Bruxelles, et la dimension 3 représente de manière satisfaisante le degré d’éloignement par rapport à la capitale belge. A la distinction géographique, se superpose la dominance sociale du milieu de résidence avec en opposition les milieux sociaux dit ‘aisé’ et ‘moyen’. 

La dimension 3 structure aussi l’ensemble des ménages en fonction du niveau d’instruction du chef de ménage, avec une opposition fortement marquée entre d’une part, les chefs de ménages qui ont un niveau d’instruction supérieur universitaire, et d’autre part, ceux ayant des niveaux supérieur non universitaire ou secondaire (lycée ou collège). Enfin, elle discrimine selon le revenu mensuel net déclaré par le ménage, en opposant notamment les revenus compris entre 1859 et 2478€ (classe de revenus dans la moyenne) et 3718€ et plus (classe de revenus supérieure). 

L’analyse multivariée est représentée graphiquement par la figure 4. Plutôt que de considérer les deux premières dimensions, nous lui avons préféré le plan formé par les dimensions 1 et 3, soit les axes 1 et 3. Bien qu’elle apporte légèrement moins d’informations que la dimension 2, la dimension 3 nous intéresse davantage dans la mesure où elle forme l’axe qui caractérise le mieux l’ensemble des ménages selon un critère de distance par rapport à Bruxelles, de fait plus pertinent pour apprécier la mobilité résidentielle. C’est donc l’ « axe directeur » à partir duquel nous présenterons le graphique d’analyse multidimensionnelle.


L’interprétation graphique d’une ACM repose sur deux principes généraux : d’une part, les points-caractéristiques placés au cœur du graphique sont généralement les modalités les plus fréquemment observées dans l’ensemble des ménages. Ce qui signifie que plus on s’éloigne du centre, et plus il s’agit de tendances, ou de caractéristiques observées de façon moins fréquentes dans l’ensemble des ménages considérés [7 ]. D’autre part, si nous pouvons aisément interpréter les oppositions de part et d’autre des axes entre les modalités d’une même variable [8 ], l’interprétation de la proximité ou de l’éloignement entre des modalités de variables différentes est plus délicate. Néanmoins, sur ce dernier point, une interprétation prudente est possible, notamment si nous nous limitons aux caractéristiques globalement bien représentées par le plan formé des axes 1 et 3 [9 ] .


La première information qui apparaît nettement dans la figure 4 est la structuration géographique des ménages : on retrouve, dans la partie supérieure du plan, les ménages des communes les plus proches de Bruxelles (grap1), et au fur et à mesure que l’on descend le long de l’axe 3, apparaît au centre le second groupe de communes (grap2), puis dans la partie inférieure, le groupe le plus éloigné de Bruxelles (grap3). A cette caractéristique géographique, l’axe 3 associe la dominance sociale du quartier de résidence avec, dans la partie supérieure de l’axe, un milieu social plutôt aisé (clasaise), et dans la partie inférieure, un milieu social dit moyen [10 ] (clasmoyen). 

Figure 4. Analyse multivariée à partir des caractéristiques générales des ménages enquêtés (ACM) 


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL 


En second lieu, le graphique met bien en évidence une structuration en terme de composition de ménage : l’axe 1 oppose d’une part, les ménages de taille 2 à droite du graphique (2pers), à ceux comportant 4 à 6 personnes, et notamment des couples mariés avec enfant(s) au centre gauche du graphique (4pers, 5pers, 6pers) Mais globalement, on constate qu’au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Bruxelles, la taille du ménage diminue de 6 personnes à 3 personnes (6pers, 4pers, 5pers et 3pers). Par ailleurs, au sujet de l’âge du chef de ménage, on constate que les 40-54 ans caractérisent plutôt les chefs de ménages situés dans la première zone, tandis que les chefs de ménages situés dans les groupes 2 et 3 sont relativement plus jeunes (25-39 ans). 

L’autocorrélation spatiale apparente entre la taille du ménage et l’âge du chef de ménage semble ainsi signifier que si la situation de couple marié avec enfant(s) est la plus courante dans les ménages enquêtés (position centrale sur le graphique), les familles déjà constituées sont relativement plus nombreuses dans les communes les plus proches de Bruxelles, tandis que dans les communes périurbaines les plus éloignées, l’âge du chef de ménage indique qu’il s’agit de jeunes couples ou de familles en cours d’élargissement. 

En outre, le graphique souligne une structuration au niveau de l’instruction qui vient conforter l’opposition entre deux milieux sociaux aisé et moyen : les ménages les plus proches de la capitale sont sensiblement associés à des niveaux d’instruction supérieur universitaire, (supuniv), et en cela s’opposent aux deux autres zones où l’instruction est de niveau supérieur non universitaire de type court ou professionnel (supnonuniv), voire du lycée (2ndsup) [11 ]. 

En revanche, on constate que la structuration géographique est moins pertinente pour apprécier le niveau de revenus mensuels nets. L’axe de positionnement des catégories de revenus suit plus ou moins l’axe 3 du graphique, puisque les revenus les plus élevés (3718€) – qui n’apparaissent pas dans le graphique - sont situés dans le quart supérieur gauche du graphique, et s’opposent aux revenus parmi les plus bas situés dans le quart inférieur droit. Néanmoins, la position relativement centrale de la catégorie de revenus 2479-3717€, permet de conclure qu’en moyenne, les ménages disposent d’un revenu plutôt satisfaisant. 

Enfin, pour la question relative aux objectifs résidentiels, le graphique permet d’interpréter les objectifs en termes de logement. Cette question n’est pas un élément très structurant de la dimension 1, mais ces modalités sont globalement bien représentées sur cet axe. La position centrale de l’objectif d’achat d’un logement en Brabant wallon, et dans une moindre mesure celui de construction, indiquent qu’il s’agit des objectifs initiaux les plus fréquemment formulés par les ménages enquêtés : souhaiter devenir propriétaire demeure la norme. 

En résumé, nous pourrions appeler la dimension 1 « composition de ménage et choix résidentiel », soit l’axe qui structure les ménages selon leur composition (taille, état civil, présence d’enfant(s)) et la stratégie résidentielle (statut d’occupation et objectif en terme de logement définis et associés à l’emménagement en Brabant wallon). Quant à la dimension 3, elle pourrait se résumer par l’expression « ségrégation spatiale et sociale » puisqu’il s’agit d’un axe qui structure les ménages selon leur distance par rapport à Bruxelles, leur dominance sociale, et qui y associe de façon très nette les niveaux d’instruction et dans une moindre mesure les catégories de revenus. 

Toutefois, le terme ‘ségrégation’ est à relativiser dans la mesure où chacune des trois zones semble aussi correspondre à une étape résidentielle étroitement liée au cycle de vie, notamment familiale. Cela n’exclut pas que les ménages en cours de formation et d’élargissement dans les communes les plus éloignées de la ville de Bruxelles, se rapprochent de celle-ci, avec de futurs changements d’ordre familial, professionnel ou d’une autre nature au cours de leur vie. 

3. Les motifs de migration 

Un examen exploratoire des motifs de migration fait apparaître une grande variété des éléments ayant suscité la migration en Brabant wallon. On peut souligner les points suivants (tableaux 1 et 2) : 

Concernant les raisons évoquées pour expliquer le départ de Bruxelles, l’accès à la propriété est très important pour plus du quart des migrants : 26 % des enquêtés le place comme premier motif. Viennent ensuite les motifs liés au cycle de vie, au logement et à l’environnement. On peut constater que l’environnement bruxellois – jugé défavorable – est plus fréquemment cité comme second et, encore plus, comme troisième motif ; ce qui fait qu’au total, près de 80% des individus mentionnent l’environnement comme l’un des principaux motifs de leur départ de Bruxelles. Au contraire, les événements démographiques, de même que l’accès à la propriété, sont très importants pour expliquer la mobilité de certains migrants, mais ne sont que très peu évoqués comme motifs secondaires. Enfin, la migration liée au travail – et au changement de localisation de celui-ci – reste marginale. 
Pour expliquer le choix du Brabant wallon comme lieu de destination, ce sont les motifs environnementaux qui se distinguent très nettement. Ils prédominent à tous les niveaux et sont évoqués par la quasi-totalité – 92% des migrants ! Loin derrière, l’accessibilité du site de destination – notamment par rapport à Bruxelles – est fréquemment donnée comme second ou troisième motif, mais de façon décroissante avec la distance entre le nouveau logement et Bruxelles (Hermia, Eggerickx et Sanderson, 2003). La perspective de disposer d’un jardin ressort également, bien qu’elle soit probablement liée à l’environnement pour les individus enquêtés. Contrairement aux idées fréquemment véhiculées par les média [12 ], le type de logements présents en Brabant wallon n’apparaît comme un critère déterminant que pour une faible part des migrants : 11% comme premier motif et un quart des individus l’évoquent au total. 

Tableau 1. Motifs qui ont motivé le départ de Bruxelles (% des individus enquêtés) 

 

1er motif

2me motif

3ème motif

Total [13 ]

Liés au cycle de vie

20

9

5

34

Liés au travail

6

4

2

12

Accès à la propriété

26

13

7

46

Liés au logement

17

29

16

62

Liés à l’environnement

17

26

36

79

Autres

13

9

12

35

Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL 

Tableau 2. Motifs qui ont motivé le choix du Brabant wallon (% des individus enquêtés) 

 

1er motif

2me motif

3ème motif

Total

Retour / Rapprochement

21

8

6

35

Rapprochement lieu de travail

5

1

-

7

Type de logements

11

7

7

26

Jardin

11

17

15

44

Environnement

27

35

31

92

Accessibilité

11

22

26

60

Autres

12

5

4

21

Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


Après avoir mis en évidence les motifs les plus fréquemment évoqués, il est intéressant d’appréhender l’interaction entre ceux-ci, à travers la façon dont les individus ont répondu aux deux questions portant sur le départ de Bruxelles et le choix du Brabant wallon. Pour ce faire, tous les motifs évoqués – de départ, de choix et d’importance décroissante – ont été croisés et seuls les motifs associés statistiquement ont été retenus [14 ]. Ensuite, nous avons établi des schémas-type de la migration, en retenant les items répondant au critère statistique précité, et en les enchaînant par ordre d’importance décroissant, du moins lorsque c’était possible. Ainsi, il en ressort 4 schémas, qui concernent directement entre 10 et 22 ménages (tableau 3) : 

- Le premier groupe de ménages (22) présente un schéma-type de migration familiale. Il s’agit de ménages qui ont effectué une migration clairement liée à leur cycle de vie. La survenance d’un événement démographique – mariage, divorce, naissance, décès ou morbidité accrue – a favorisé leur départ de la métropole pour s’installer en Brabant wallon. Les raisons évoquées sont notamment le souhait de se rapprocher de leur famille, de retourner vers leur région d’origine, ou encore pour occuper un logement (le plus souvent disposant d’un jardin) en adéquation avec la taille ou la composition de leur ménage qui s’est modifiée. On observe en outre que cette migration est souvent liée la volonté d’accéder à la propriété. 
- Le second type (22) se distingue du premier en regroupant des individus voulant améliorer par la migration leur environnement de vie. Cette migration « au vert » oppose un environnement de départ peu satisfaisant – quant au quartier, à la commune ou à la localisation du logement – à un environnement de destination plus favorable, puisqu’il disposait aux yeux des migrants d’un caractère champêtre et d’une qualité de vie plus élevée. 
- Le troisième type (17) regroupe des individus pour lesquels l’accès à la propriété a clairement dicté leur migration en milieu périurbain. Ils ont quitté Bruxelles car ils n’avaient pas les moyens d’y acheter un logement en adéquation avec leurs exigences. Ainsi, la migration leur a-t-elle permis de passer du statut de locataire à celui de propriétaire en Brabant wallon, car le marché immobilier, en hausse croissante, mais toujours nettement plus abordable et plus diversifié que celui de la capitale, leur a permis ce type d’ascension sociale. 
- Enfin, le dernier type (10) est également lié au marché du logement. Plus hétérogène [15 ] que les précédents, ce schéma-type regroupe des ménages ayant quitté Bruxelles, car le prix demandé pour y vivre et/ou la qualité de leur habitation ne les satisfaisaient pas. Ils ont opté pour la province périurbaine pour des motifs divers, mais pour la plupart il s’agissait d’un motif linguistique : ils ont choisi le Brabant wallon qui est un espace uniquement francophone, par opposition à Bruxelles [16 ].

Tableau 3. Les quatre schémas-type de motifs migratoires identifiés 

Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


4. Attentes, perceptions et stratégies migratoires 

Pour apprécier les attentes et les perceptions des ménages, nous nous sommes plus particulièrement basés sur deux questions systématiquement posées au sujet des quartiers et des communes de résidence actuelles (en Brabant wallon) et précédentes (à Bruxelles). 


- Quels sont, d’après vous, les atouts de votre quartier/commune actuel(le)/ précédent(e), par ordre d’importance ? 
- Quels sont les points faibles de votre quartier/commune actuel(le)/précédent(e), par ordre d’importance ? 

Trois mots sont cités par ordre d’importance, mais nous présentons ci-dessous les dix termes les plus fréquemment évoqués par le ménage enquêté, et cela quel que soit l’ordre. 

Le quartier actuel : « recherche de calme et d’une qualité de vie… 

Le quartier d’immigration est tout d’abord apprécié pour le calme qu’il procure et pour son environnement convivial. Les termes convivial et convivialité sont évoqués dans 66% des réponses, mais sans qu’il soit possible d’en savoir plus précisément sur ce qui caractérise le quartier comme tel (relation de bon voisinage, animation et vie locale, etc.). Puis, sont mentionnés des éléments relatifs à l’environnement géographique (espace, espaces verts, campagne, ruralité) ou considérés comme favorables vis-à-vis de normes environnementales (air pur, nature) et de mode de vie (qualité de vie). (tableau 4). L’attrait d’un tel environnement et d’une bonne qualité de vie est d’autant plus significatif que – comme on l’a vu précédemment – les motifs liés à l’environnement dans la capitale ont motivé près de 80% des ménages enquêtés à quitter Bruxelles. Par environnement, le tableau 7 indique qu’il s’agit plus précisément de caractéristiques liées à la pollution, dont le bruit, la circulation routière et ses conséquences néfastes (embouteillages, bruit et émissions de gaz polluants) et la dégradation urbaine. Par ailleurs, il s’agit aussi de caractéristiques liées aux sentiments d’insécurité, d’anonymat ou encore d’oppression causées par la densité démographique urbaine et, parfois, par la présence jugée excessive d’étrangers. 

… mais situation d’éloignement et de manque d’accessibilité » 

Lorsque l’on s’interroge sur les points faibles du quartier actuel, ceux-ci sont généralement liés à l’éloignement et au manque d’accessibilité. Ce sont principalement des problèmes d’accessibilité (routière, en transports publics) qui sont évoqués. On les perçoit aussi de manière sous-jacente au sujet des commerces et des services jugés trop éloignés, ainsi que par le sentiment d’être « loin de tout » et de vivre dans une situation d’isolement (tableau 5). 

Ce sentiment d’éloignement et de manque d’accessibilité est perçu de manière d’autant plus forte qu’il s’agit d’anciens citadins bruxellois, habitués au déplacement en transports publics et à vivre à proximité de commerces et de services divers. On le constate lorsque l’on interroge ces ménages sur les atouts du quartier précédent : s’il y a, en premier lieu, mention des transports publics, c’est surtout l’avantage procuré par la proximité qui prédomine. Que ce soient la proximité de commerces et de services, la proximité d’un centre ou du lieu de travail, il s’agit en effet d’un terme récurrent lorsque les ménagent enquêtés se projettent dans leur lieu de résidence précédent (tableau 6). 

La commune actuelle : « deux gros points faibles : les transports publics et la voirie » 

A l’échelle de la commune, on retrouve globalement les mêmes atouts et points faibles que ceux évoqués au sujet du quartier. Ainsi, les deux atouts principaux cités pour le quartier, à savoir le calme et la convivialité, sont à nouveaux mentionnés pour la commune. Mais, de manière plus originale, certains reconnaissent à la nouvelle commune de résidence un avantage dans la mesure où elle constitue elle-même un centre urbain satisfaisant, ou bien si elle n’est pas trop éloignée de Bruxelles [17 ]. 

En revanche, en termes de points faibles, outre celui des transports publics, le problème de la voirie et plus précisément celui des trottoirs apparaissent de façon plus singulière [18 ] ; de même que les ménages enquêtés sont relativement nombreux à mentionner un problème d’insécurité routière - que l’on retrouve aussi au sujet des points faibles du quartier actuel - et du manque ou de l’absence de pistes cyclables (tableau 9). 

Quartier et commune actuels : qu’apporte l’analyse multivariée ? 

Si nous ajoutons ces modalités à l’analyse exploratoire présentée en début d’article [], quels sont les liens d’association que l’on peut trouver entre celles-ci et les caractéristiques générales des ménages enquêtés ? 

Tableau 4. Les 10 atouts principaux évoqués au sujet du quartier actuel 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Calme / Tranquillité

227

66 [20 ]

Convivialité

81

23

Espaces verts / Jardins

60

17

Verdure

53

15

Campagne / Ruralité

49

14

Air pur

47

14

Espace

45

13

Nature

39

11

Qualité de vie

39

11

Environnement

35

10

 

Soit 65% des réponses [21 ]

 


Tableau 5. Les 10 points faibles principaux évoqués au sujet du quartier actuel 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Transports publics

126

36

Commerces trop éloignés

75

22

Insécurité routière

67

19

Trafic dense

44

13

Voiries / Entretien des infrastructures

37

11

Manque de convivialité / Mentalité villageoise

36

10

Bruit

29

8

« Loin de tout »

25

7

« Pas assez de vie »

25

7

Isolement / Individualisme / Anonymat

24

7

 

Soit 47% des réponses

 


Tableau 6. Les 10 atouts principaux évoqués au sujet du quartier précédent (à Bruxelles) 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Transports publics

176

51

Proximité commerces et services

169

49

Vie culturelle, sociale et sportive

78

23

« Proximité de tout »

76

22

Proximité du lieu de travail

66

19

Espaces verts / Verdure

36

10

Proximité d’un centre / Centralité

36

10

Calme

30

9

Vivant / Animation / Cosmopolite

29

8

Beau quartier

20

6

 

Soit 69% des réponses

 


Tableau 7. Les 10 points faibles principaux évoqués au sujet du quartier précédent (à Bruxelles) 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Bruit

186

54

Pollution

114

33

Insécurité

104

30

Circulation routière

51

15

Manque d’espaces verts

48

14

Manque de convivialité / Relation voisinage

35

10

Manque de propreté / Dégradation urbaine

35

10

Saturation démographique / Trop d’étrangers

33

10

« Les inconvénients de la ville »

30

9

Anonymat / Individualisme

28

8

 

Soit 64% des réponses

 


Tableau 8. Les 10 atouts principaux évoqués au sujet de la commune actuelle 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Calme / Tranquillité

92

27

Convivialité

90

26

Accueil

49

14

Espaces verts

42

12

Proximité d’un centre (notamment Bruxelles)

38

11

Environnement

35

10

Accessibilité / Transports publics

35

10

Vie culturelle et sportive

34

10

Ruralité

33

10

Commune bien gérée (sans précisons)

28

8

 

Soit 46% des réponses

 


Tableau 9. Les 10 points faibles principaux évoqués au sujet de la commune actuelle 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Transports publics

83

24

Voiries

55

16

Mauvaise gestion et/ou politique communale

43

12

Trottoirs (sans précisions)

42

12

Insécurité routière

41

12

Manque de vie culturelle et sportive

41

12

Pistes cyclables (sans précisions)

38

11

Commerces et services trop éloignés

37

11

Trafic dense

25

7

Problème de déchets et de propreté / Pollution

22

6

 

Soit 41% des réponses

 


Tableau 10. Les 10 atouts principaux évoqués au sujet de la commune précédente (Bruxelles) 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Proximité commerces et services

111

32

Transports publics

107

31

Vie culturelle / Loisirs

82

24

Proximité d’un centre / Centralité

47

14

« Proximité de tout »

41

12

Espaces verts

34

10

Activités sportives

30

9

Proximité du lieu de travail

21

6

Vivant / Animation / Dynamique

20

6

Trottoirs / Voiries

19

5

 

Soit 49% des réponses

 


Tableau 11. Les 10 points faibles principaux évoqués au sujet de la commune précédente (Bruxelles) 

 

Nombre de citations

Pourcentage

Bruit

84

24

Insécurité

82

24

Pollution

65

19

Impersonnel / Anonymat / Individualisme

48

14

Circulation routière

39

11

Saturation démographique / Trop d’étrangers

34

10

Manque de propreté / Dégradation urbaine

31

9

Mauvaise politique communale / Police

28

8

Trop de taxes / prix immobiliers élevés

26

8

Manque ou absence d’accueil

20

6

 

Soit 44% des réponses

 


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


Pour cette seconde analyse multivariée (ACM), nous nous limiterons aux appréciations sur le lieu de résidence actuel, et nous ne présenterons que les termes évoqués en premier lieu par l’enquêté, c’est-à-dire l’atout ou le point faible jugé comme le plus important, et non plus le nombre total de citations comme pour les tableaux ci-dessus [22 ]. 

Le quartier actuel 

On constate tout d’abord un rapprochement des groupes de communes 2 et 3 vers le centre du graphique, ce qui peut signifier que ces deux groupes ne se distinguent pas de manière significative vis-à-vis des opinions émises sur le quartier (atouts et points faibles). En revanche, il semble encore possible de les distinguer vis-à-vis du groupe de communes les plus proches de Bruxelles. Mais, l’analyse bivariée – qui présente les réponses au sujet des atouts et des points faibles du lieu de résidence actuel selon la zone – ne permet pas d’établir une relation d’association significative entre celles-ci et l’opinion sur le quartier [23 ]. 

De façon globale, la figure 5 [24 ] présente de façon opposée - de part et d’autre de l’axe 3 - les atouts, tandis que les points faibles sont davantage concentrés autour du centre du graphique. En terme de points faibles émis sur le quartier, on retrouve, au centre du graphique, les inconvénients les mieux partagés, quelle que soit la commune du Brabant wallon : il s’agit du bruit, de l’insécurité routière et du manque de transport publics (bruit, insécuroute,transpub/-/). 

De façon plus dichotomique, les atouts tels que la nature, l’environnement, l’espace, les espaces verts et les jardins sont localisés dans la partie supérieure du graphique (envir+, espace,espaverts/jard) , de même que les inconvénients causés par le trafic dense, la voirie, le manque de vie et de convivialité [25 ] (trafic, voirie/-/, pasdevie, convi/-/). Compte tenu de la faible part d’information apportée par ce graphique au sujet des opinions, il n’est pas possible d’affirmer que ces atouts et inconvénients sont clairement associés aux trois zones. Cependant, on peut souligner qu’ils s’en rapprochent dans la mesure où ils se trouvent dans la partie du graphique géographiquement associée au groupe des communes les plus périurbaines. 

A l’opposé, on observe que les termes comme campagne, ruralité, air pur et enfin convivialité et qualité de vie, sont tous situés dans la partie inférieure du graphique (campagne/rural, airpur, convi+,qualvie+) tandis que sont mis en évidence des problèmes d’isolement d’ordre social (isol/anonym/-/) ou géographique, avec l’éloignement des commerces, des services et de « tout en général » (commercesloins, loindett). A nouveau, sans pouvoir établir de lien d’association évident, ces opinions semblent davantage se rapporter aux résidents des communes les plus éloignées de Bruxelles, c’est-à-dire aux communes les plus rurales (troisième zone). 

La commune actuelle 

Concernant l’opinion [26 ] sur la commune actuelle, un premier constat est le bouleversement sur le graphique du positionnement des groupes de communes (figure 6). L’introduction dans l’analyse des opinions sur la commune a pour effet, d’une part, de renverser leurs coordonnées sur l’axe 3, et, d’autre part, de rapprocher les trois groupes autour du centre du graphique. Cela signifie que les opinions émises sur la commune tendent à être partagées quelle que soit la zone. Toutefois, on observe aussi un rapprochement des groupes 1 et 2 aux dépens du troisième. Ainsi, à la différence des opinions sur le quartier actuel qui rapprochait les groupes 2 et 3 aux dépens du premier, nous observons plutôt qu’au regard des termes cités sur la commune actuelle, les ménages appartenant aux deux zones les plus proches de Bruxelles pourraient partager davantage les mêmes opinions. 

Figure 5. Analyse multivariée à partir des caractéristiques générales des ménages enquêtés et de leur opinion sur le quartier actuel (ACM) 

Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL 


En terme d’atouts, trois ensembles de modalités semblent se distinguer : premièrement, les caractéristiques liées à l’accueil et à la convivialité dans la commune (accueil et convi+). Deuxièmement, un certaine qualité de vie urbaine, avec la proximité d’un centre et la présence de transports publics satisfaisants (proxicentre et transpub+), et enfin, des caractéristiques d’ordre environnemental liées au mode de vie rural, à la tranquillité, et à l’environnement (ruralité, calme, envi+). Concernant les points faibles, on retrouve notamment le problème de la voirie et plus particulièrement celui des trottoirs, ainsi que l’insécurité routière et le trafic dense (voiries/-/, trottoirs/-/,insécuroute et trafic). 

Satisfaction quant au logement, au quartier et à la commune 

Que ce soit par rapport au logement, au quartier ou à la commune, la satisfaction s’améliore avec le déménagement, puisque l’indice de satisfaction moyen est systématiquement plus élevé après la migration (tableau 12). Constatons néanmoins que l’amélioration s’atténue progressivement à mesure que l’échelle spatiale s’éloigne de l’individu. Ainsi, la commune actuelle est-elle moins bien perçue que les nouveaux logements et quartiers. 

Figure 6. Analyse multivariée à partir des caractéristiques générales des ménages enquêtés et de leur opinion sur la commune actuelle (ACM) 

Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL 


Tableau 12. Degrés de satisfaction quant au logement, quartier et commune de départ et d’arrivée : valeurs moyennes sur 10 

 

Ancien

Actuel

Logement

6,59

8,55

Quartier

6,25

8,27

Commune

6,60

7,69


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


Cette constatation sur les valeurs moyennes se vérifie-t-elle si l’on stratifie par groupes de ménages enquêtés, à savoir selon le revenus, la taille du ménage, l’âge du chef de ménage ou encore le schéma-type de motifs de la migration ? 

En ce qui concerne l’âge du chef de ménage, le lien le plus évident se situe au niveau du logement. Avec l’âge, on constate une augmentation constante de l’indice de satisfaction quant au logement précédent : il passe de 6,2 pour les 25-34 ans à 7,1 pour les plus de 65 ans. Par contre, l’indice quant au logement actuel ne croît que légèrement et passe de 8,3 à 8,8 pour les mêmes groupes d’âges. Cela veut donc dire que les jeunes sont nettement plus sévères que leurs aînés quant au logement précédent, et/ou qu’ils ont effectué une migration résidentielle mieux réussie. On constate la même tendance selon l’âge du chef de ménage pour la satisfaction vis-à-vis du quartier. En revanche, l’amélioration de la perception vis-à-vis de la commune, globalement moins importante, est indépendante de l’âge. 

Le lien entre taille du ménage et satisfaction est moins évident. Néanmoins, une tendance assez nette se dégage quant à la commune : plus le ménage est grand, plus grande est l’amélioration entre ancienne et nouvelle commune. Pour les isolés, l’indicateur est respectivement de 7,0 et 7,6 et il est de 5,7 et de 7,9 pour les ménages de 6 personnes. La catégorie de revenus est par contre nettement plus discriminante. Plus le ménage est aisé, plus la migration a été favorable quant aux trois indices de satisfaction. Ce fait est lié à deux tendances complémentaires : d’une part, la satisfaction quant à la situation actuelle augmente avec le niveau de vie, et d’autre part, la satisfaction quant à l’ancienne situation diminue avec celui-ci [27 ] (figure 7). Cela peut traduire le fait que les ménages favorisés ont pu, beaucoup plus que les ménages les plus pauvres, choisir un logement et un environnement en adéquation avec leur(s) souhait(s) et objectif(s). 

Figure 7. Comparaison des indices de satisfaction des logements actuel et précédent (indices sur10) par classes de revenus du ménage enquêté (revenus croissants de 1 à 8) 


 

Classes de revenus : 

1 :- de 868€      3 : 1239-1858€     5 : 2479-3717€     7 : 4958-6196€ 
2 : 868-1238€     4 : 1858-2478€     6 : 3718-4957€     8 : 6197€ et +

Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL 

En croisant ces degrés de satisfaction avec les individus correspondant aux quatre schémas-type de motifs migratoire, on ne constate que peu de différences entre ceux-ci. Néanmoins, les migrants « aux verts » sont, assez logiquement, ceux qui jugent la migration comme étant la plus bénéfique en termes d’indice de satisfaction, notamment vis-à-vis du quartier (l’indice passe de 5,4 à 8,8 entre ancien et nouveau quartier). 

Envie de déménager ? Un retour vers Bruxelles est-il envisagé ? 

Globalement, la grande majorité des ménages enquêtés n’a pas envie de déménager, puisque plus de 80 % d’entre eux répond ‘rarement’ ou ‘jamais’ à la question d’un éventuel déménagement futur (tableau 13). Assez logiquement, l’envie de déménager est fortement corrélée aux indices de satisfaction et surtout à la différence entre les indices des situations actuelle et précédente ; l’envie de déménager étant la moins fréquente pour les ménages aux indices en forte croissance. Les ménages les plus grands sont les plus stables, alors que, au contraire, c’est parmi les plus petits ménages que l’envie de déménager est la plus fréquente : un quart des couples et plus de 30% des ménages d’isolés (figure 8). 

Tableau 13. L’envie de déménager 

 

Fréquemment

De temps en temps

Rarement

Jamais

% Enquêtés

6,4

12,1

10,7

70,9


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


Figure 8. L’envie de déménager en fonction de la taille du ménage enquêté 


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL 

Le lien avec le niveau de vie est encore plus marqué (figure 9) : les individus ne souhaitant jamais déménager sont presque deux fois plus fréquents dans les catégories de revenus les plus élevées [28 ] (94%) que dans la plus faible (54%), ce qui conforte les résultats des indicateurs de satisfaction. Enfin, le lien entre envie de déménager et motifs de migration est très marqué : 

Chez les individus ayant effectué une ‘migration familiale’, la stabilité est la moins fréquente et l’envie de déménager concerne près d’un enquêté sur trois. Chez les individus pour qui la migration était liée à un changement de logement ou à l’accès à la propriété, l’envie de déménager est beaucoup moins fréquente et ne concerne qu’entre 10 et 12 % d’entre eux. 

Figure 9. L’envie de déménager en fonction de la catégorie de revenu du ménage enquêté (revenus croissants de 1 à 8) 

Classes de revenus : 

1 :- de 868€      3 : 1239-1858€     5 : 2479-3717€     7 : 4958-6196€ 
2 : 868-1238€     4 : 1858-2478€     6 : 3718-4957€     8 : 6197€ et +

Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL 

Enfin, lorsqu’il s’agit d’envisager un retour vers Bruxelles, on constate que la migration vers les zones périurbaine est relativement définitive, et semble traduire un réel processus de rupture par rapport au mode de vie urbain, où l’environnement urbain est le principal élément incriminé. Toutefois, soulignons qu’un retour vers la capitale est envisagé par 15% des ménages enquêtés. Ceux-là étant proportionnellement plus nombreux dans les première et troisième zones [29 ]. 

Tableau 16. Envisagez-vous un jour de retourner vivre à Bruxelles ? (en %) 

 

1ère zone

2nde zone

3e zone

Ensemble

Oui

20

10

15

15

Non

80

90

85

85


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


En quittant Bruxelles pour s’installer dans ces espaces plus périphériques, les migrants conservent cependant certains liens avec la capitale. Parmi ceux-là, le travail constitue de loin, le premier d’entre eux : selon les grappes, de 58% à 62% des migrants portent un attachement très fort à la capitale par le travail, ce qui revient à dire qu’ils y travaillent toujours. Et en ceci, ces ménages entrent parfaitement dans le schéma de la migration périurbaine, qui implique une migration des individus vers la périphérie, tout en gardant leur lieu de travail au centre urbain, l’ensemble constituant un même espace de vie. 

Objectifs en termes de logement ? Ces objectifs ont-ils été concrétisés ? 

Que souhaitaient les individus enquêtés en termes d’habitat ? Seuls 21% avaient l’intention de faire construire, alors qu’une grande majorité (55%) pensait racheter un logement existant. Près des deux tiers envisageaient d’occuper une maison villageoise à 4 façades ou une fermette ancienne. En croisant l’objectif d’habitation et le type de logement souhaité, on constate que le rachat en bon état et la rénovation d’une fermette ancienne étaient les deux combinaisons les plus fréquemment désirées par les (futurs) migrants (tableau 14). 

Tableau 14. Objectif et type de logement souhaité : les plus fréquents 

Racheter un logement existant en bon état, de construction ancienne, une fermette ancienne 9,3 %

Rénover un logement ancien, une fermette ancienne  9,0 %

Racheter un log. existant en bon état, de constr. ancienne, une maison villageoise à 4 façades 6,7 %

Racheter un log. existant en bon état, de constr. récente, une maison villageoise à 4 façades 5,5 %

Faire construire une nouvelle maison, une villa moderne située dans un lotissement  5,2 %

Faire construire une nouvelle maison, une villa moderne intégrée au village  4,6 %


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


Près de 80 % des enquêtés ont effectivement pu concrétiser leur objectif initial en terme d’habitat et de logement. Mais qui sont ceux qui n’ont pas pu le réaliser ? D’une part, ceux qui rêvaient d’acheter une fermette ancienne – près du tiers de ceux-ci – et d’autre part, dans une moindre mesure, ceux qui souhaitaient faire construire – un peu plus du quart d’entre eux (tableau 15). Deux principaux motifs expliquent essentiellement cette non concrétisation : soit les migrants n’ont pas trouvé le logement correspondant à leur idéal, soit le logement envisagé était trop cher. Cela confirme les études démontrant que l’espace périurbain est inaccessible à une frange importante de la population, qui n’a pas les capacités financières d’y accéder à la propriété (Eggerickx et al., 2002). 

Tableau 15. Concrétisation de l’objectif en terme de logement : les objectifs les moins souvent concrétisés 

Racheter un logement ancien, une fermette ancienne 35 %

Rénover un logement ancien, une fermette ancienne 31 %

Faire construire une nouvelle maison, une villa moderne intégrée au village 28 %

Faire construire une nouvelle maison, une maison villageoise 4 façades 25 %

Racheter un logement récent, une maison villageoise 4 façades 21 %


Source : Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de la vie en Brabant wallon, GéDAP-UCL


5. Conclusions 

L’objectif de ce travail était de cerner les stratégies de migration de ménages et d’appréhender les motifs et les attentes de migrants depuis la ville vers un espace plus rural. Pour ce faire, nous avons approfondi les résultats d’une enquête portant sur 346 ménages ayant migré depuis Bruxelles vers son espace périurbain. 

L’analyse multivariée effectuée a permis de confirmer une structuration spatiale du Brabant wallon en trois zones, selon la composition des ménages et leurs caractéristiques socioéconomiques. En termes d’attentes et de perceptions sur les lieux de résidences actuel et passé, les différences entre ces trois ensembles de communes sont moins fortes, mais divergent quelque peu selon que l’appréciation porte sur la commune ou sur le quartier. 

Même si l’environnement favorable du Brabant wallon (caractère champêtre) constitue l’attrait qui a motivé la plupart des ménages à migrer, ces derniers se distinguent assez nettement quant aux motifs de migration vers cet espace périurbain. Tout d’abord, la migration strictement liée au cycle de vie est loin d’être la norme. Elle fait part égale avec le souhait d’accéder à la propriété. Par ailleurs, d’autres migrants ne s’installent dans cette province que pour y effectuer un changement de logement, permettant une adéquation plus grande entre capacités financières et desiderata en la matière. 

Les caractéristiques les plus appréciées des nouveaux lieux de résidence sont le calme, la convivialité, et, de façon plus diffuse, ce qui se rapporte à l’environnement et au cadre de vie plus rural. Au sujet de leur nouveau lieu de résidence, ces ménages d’anciens citadins regrettent cependant le manque de transports publics, et mettent en évidence l’insécurité routière, ainsi que des problèmes a priori plus inattendus comme celui des voiries (trottoirs). 

Les enquêtés sont globalement plus satisfaits de leur nouvelle situation par rapport au logement, au quartier et à la commune. Parmi eux, ce sont les ménages les plus grands et les plus aisés qui ont effectué la migration la plus bénéfique en terme de satisfaction, et cela probablement grâce à leurs plus grands moyens financiers et à l’offre importante de logements spacieux en Brabant wallon. Ils ont d’ailleurs moins fréquemment envie de déménager dans l’avenir que les autres types de ménages. 

Enfin, en ce qui concerne la stratégie résidentielle, si une grande majorité des migrants ont réalisé les objectifs qu’ils avaient par rapport au logement et au mode d’acquisition de celui-ci, deux catégories ont moins fréquemment pu le concrétiser : ceux qui souhaitaient faire construire et ceux qui désiraient acquérir une fermette ancienne, et cela principalement car le prix était trop élevé. 


Bibliographie 

Bauer, G. et J.-M. Roux (1976). La rurbanisation ou la ville éparpillée. Paris, Seuil. 191 p. 
Berry, B. et D. Dahmann (1977). "Population Redistribution in the United States in the 1970s." Population and Development Review 3(4) : 443-471. 
Champion, A. (1989). Counterurbanization. The changing pace and nature of population deconcentration. London, Arnold. 
Eggerickx, T. (2003). Enquête sur la mobilité résidentielle et la qualité de vie en Brabant Wallon. Louvain-la-Neuve, GéDAP - UCL. 
Eggerickx, T., C. Capron, J.-P. Hermia et M. Oris (2002). Démographie et développement durable. Migrations et fractures socio-démographiques en Wallonie (1990-2000). Liège, Louvain-la-Neuve, SSTC. 208 p. 
Govaert, S. (2000). Bruxelles en capitales. 1958-2000, de l’expo à l’euro. Bruxelles, De Boeck Université. 225 p. 
Hermia, J.-P. (1998). Evolution de la population 1970-1997, revenus et qualité de la vie en Brabant wallon. Institut de Géographie. Louvain-la-Neuve, Université catholique de Louvain : 89 p. + Annexes. 
Hermia, J.-P. (2003). Migrations internes et périurbanisation. Le cas du phénomène urbain bruxellois. Département des sciences de la population et du développement. Louvain-la-Neuve, Université catholique de Louvain : 75 p. 
Hermia, J.-P., T. Eggerickx et J.-P. Sanderson (2003). Frontières et fragmentations démographiques de l’espace périurbain bruxellois. Rural-Urbain : Les nouvelles frontières. Permanences et changements des inégalités socio-spatiales, Poitiers, 4-6 juin 2003. 
Rhein, C. (1988). La ségrégation démographique. Transformation de la famille et de l’habitat. Paris, INED, Presses Universitaires de France. pp. 127-147. 


Annexe

Description des motifs de migration
Au départ de Bruxelles :
 
Motifs liés au cycle de vie des individusMariage/cohabitation ou divorce/séparation 

Naissance, décès ou départ d’un membre du ménage 

Problèmes de santé
Motifs liés au travail des individus : Changement de statut d’activité ou de profession 

Changement de lieu de travail 

Accès à la propriété
Motifs liés au logement :Le prix du logement à Bruxelles 

La qualité du logement à Bruxelles
Motifs liés à l’environnement :La localisation du logement à Bruxelles 

Le quartier et son environnement à Bruxelles 

La commune et son environnement à Bruxelles
Autres (Motif particulier) 
A destination du Brabant wallon 
Motifs de retour/rapprochement :Rapprochement de la famille (parents, frères ou sœurs) 

Retour vers la région d’origine
Motif de rapprochement du lieu de travail :Le type de logements 

La perspective de disposer d’un jardin
Motif environnemental :La qualité de vie du Brabant wallon 

L’environnement champêtre
Motif d’accessibilité :La proximité des grands axes de communication 

La proximité de Bruxelles
Autres (Motif particulier) 

Les 15 variables utilisées pour l’analyse multivariée (ACM) : 
Groupe de communes : grap1grap2grap3 
Sexe du chef de ménage : FemHom 
Groupe d’âge du chef de ménage : 25-3940-5455+ 
Etat civil du chef de ménage : célibataire (celib), marié (mar), séparé ou divorcé (sep/divo), veuf (veuf

Statut d’activité du chef de ménage :chômeur (chom), retraité (retrai), sans activité (ssact) et actif (trav

Niveau d’instruction du chef de ménage : Secondaire supérieur (2ndsup), primaire/secondaire inférieur (prim/2ndinf), supérieur non universitaire (supnonuniv) et supérieur universitaire (supuniv

Classe de revenu mensuel net du ménage : -1239€1239-1858€1859-2478€2479-3717€ , 3718€+et non réponse (nr

Taille du ménage (nombre de personnes) : 1pers2pers3pers4pers5pers et 6pers 

Présence ou non d’enfant(s) : Présence d’enfant(s) (enf), absence d’enfant(s) (ssenf

Statut d’occupation du logement actuel : Locataire (locat) et propriétaire (propri

Souhait de déménager : Oui (enviedem), non (pasenviedem

Sentiment d’appartenance à un quartier : oui (monqtier), non (ssqtier

Type d’objectif en terme de logement : achat (objectachat), construire (objectconstruir), louer (objectlouer), renover (objectrenover), autres objectifs (autreobject

Objectif globalement réalisé ou non : oui (objectreal), non (objectnonreal

Dominance sociale du quartier des ménages enquêtés : milieu social aisé (clasaise), moyen (clasmoyen), et modeste (clasmodest). 

Opinions sur le quartier et la commune actuels : 
accueil : accueil 
airpur : air pur 
autptsfort : autres atouts 
autptfaib : autres points faibles 
bruit : bruit 
calme : calme 
campgne/rural : camapgne / rural 
commercesloins : commerces éloignés 
convi/-/ : manque de convivialité 
convi+ : convivialité 
dechets/pollu : déchets , pollution 
envir+ : environnement agréable 
espace : espace 
espaverst ou espaverts/jard : espaces verts et/ou jardins 
gérée+ : commune bien gérée (sans précisions) 
gérée/-/ : commune mal gérée 
insécuroute : insécurité routière 
isol/anonym/-/ : sentiment d’isolement et d’anonymat 
loindett : « loin de tout » 
nature : nature 
nrptsfaib : non réponse points faibles 
nrptsfort : non réponse points forts 
pasdevie : « pas de vie » 
pistescycl/-/ : manque de pistes ou mauvaises pistes cyclables 
proxicentre : proximité d’un centre 
qualvie+ : qualité de vie bonne 
trafic : trafic dense, trop de circulation 
transpub/-/ : manque de transports publics 
transpub+ : transports publics satisfaisants 
trottoirs/-/ : problèmes de trottoirs 
verdure : verdure 
voiries/-/ : problèmes de voiries 
ruralité : ruralité 
viecultspor+ : vie culturelle et sportive satisfaisante 
viecultspor/-/ : manque de vie culturelle et sportive


 

[1 ] Groupe d’Etudes de Démographie Appliquée – Université catholique de Louvain (Belgique)

[2 ] Tandis que 10% sont retraités, 5% sont sans activités, et 3% au chômage.

[3 ] Par structurer, nous entendons la mise en évidence de relations entre les caractéristiques d’un ensemble de ménages.

[4 ] Il s’agit d’une analyse des correspondances multiples (ACM) réalisée avec 15 variables (soit 51 modalités) présentées en annexe. Le choix de cette méthode statistique se justifie par la présence de variables qualitatives. La dimension est une variable particulière qui condense sous la forme d’un axe, un pourcentage des informations sur les ménages enquêtés. Ici nous retenons les dimensions 1, 2 et 3, au-delà le gain d’information apparaît de façon négligeable. Ces trois dimensions représentent respectivement 11%, 6,4% et 4,9% de l’information (variance expliquée par le nuage de points).

[5 ] Variance expliquée par le nuage de points.

[6 ] Il s’agit d’une information évaluée par l’enquêteur (et non pas par l’enquêté) à la fin de chaque entretien : « Estimez la dominance sociale du quartier : aisé, moyen ou modeste ».

[7 ] Mais lorsqu’il s’agit d’une caractéristique rare dans la population, celle-ci se rapproche du centre du graphique.

[8 ] Par exemple pour la variable ‘âge’, les positions relatives sur le graphique de la modalité 25-39 ans par rapport aux modalités 40-54 ans et 55 ans et plus.

[9 ] L’analyse multivariée est ici représentée graphiquement par un plan unique composé des dimensions 1 et 3 (soit 15,9% de l’information). Par ailleurs, pour obtenir des graphiques suffisamment lisibles, nous avons sélectionné les modalités les plus proches du centre du graphique (dont les coordonnées sur les axes des dimensions 1, 2 et 3 sont comprises entre –1.0 et 1.0).

[10 ] Il existe, par ailleurs, une troisième modalité (clasmodeste) mais elle ne représente qu’un faible pourcentage des ménages avec environ 5%.

[11 ] Les individus de niveau primaire ou collège (prim/2ndinf) sont marginaux par rapport aux trois autres modalités, si bien que cette modalité ne peut être correctement interprétée.

[12 ] Le Brabant wallon est fréquemment caricaturé comme un « éden périurbain », paradis de la fermette individuelle à 4 façades et entourée d’un jardin (Hermia, 1998).

[13 ] Ce pourcentage est un peu surévalué car les ménages enquêtés ont parfois cité plusieurs motifs appartenant au même groupe de motifs (voir Annexe, Description des motifs).

[14 ] La mesure de l’association a été effectuée avec un test du Chi².

[15 ] Compte tenu des motifs très divers, il n’y a pas d’association statistiquement significative entre motifs de départ et choix de destination.

[16 ] Bruxelles a officiellement un statut linguistique bilingue (français, néerlandais). Cependant, dans les faits, la majorité des résidents est francophone, alors que le marché de l’emploi y est nettement plus partagé, avec une domination néerlandophone (Govaert, 2000).

[17 ] Probablement pour les ménages des deux premières zones.

[18 ] Comme nous l’avons indiqué au sujet de la convivialité, les termes cités par l’enquêté ne sont pas accompagnés de commentaires susceptibles de nous renseigner sur l’idée véhiculée par ces termes. Mais, une piste d’interprétation serait peut-être qu’il n’existe pas assez de trottoirs, ou bien les normes de construction sont insuffisantes pour garantir la sécurité du piéton.

[19 ] Pour l’analyse des opinions, nous avons repris le plan formé des axes 1 et 3 de façon à conserver la structuration spatiale. Mais, pour ne pas trop alourdir les graphiques, nous avons écarté le niveau d’instruction. Avec les variables d’opinion sur le quartier, l’information expliquée par les deux dimensions retenues (1 et 3) s’est réduite et n’est plus que de 11,8% contre 15,9% dans le premier graphique (variance expliquée par le nuage de points). Toutes les modalités sont définies en annexe.

[20 ] Lecture des 66% : les termes calme / tranquillité ont été cités par 66% des ménages (soit 227/346). Précisons toutefois que ces pourcentages peuvent être légèrement surévalués du fait du regroupement de termes sous une même catégorie. Par exemple, si un enquêté répond d’abord calme, puis tranquillité, la catégorie est comptée 2 fois pour un seul enquêté.

[21 ] Lecture des 65% : le total des réponses correspond à 3 fois le nombre d’enquêtés, soit environ 1038 réponses, puisque l’on demandait à chacun des 346 ménages enquêtés les 3 atouts principaux. Et parmi ces réponses, les 10 termes les plus fréquemment cités représentent 675 réponses, soit 65% des réponses (675/1038).

[22 ] Les tableaux ne présentent que les dix premiers termes les plus fréquemment cités, mais il existe aussi de nombreuses non-réponses, or celles-ci peuvent perturber l’analyse multivariée. C’est pourquoi, pour réaliser cette analyse dans des conditions plus satisfaisantes, nous n’avons considéré que les réponses citées en premier lieu par l’enquêté, c’est-à-dire celles pour lesquelles les non réponses sont relativement moins nombreuses (entre 1% et 16% de non réponses pour le premier terme). Cela signifie que les termes représentés sur le graphique ne respectent pas forcément le rang qu’ils ont dans les tableaux de distribution.

[23 ] Ce lien d’association est mesuré par le test de Chi2. Le seul test mettant éventuellement en évidence une relation est celui qui croise le groupe de communes et les points faibles du quartier actuel. Il est en effet significatif au seuil de 1%, mais, un peu plus de 20% des cellules du tableau de contingence ont moins de 5 observations (22%), ce qui ne permet pas de conclure avec certitude à un lien significatif entre lieu de résidence (plus ou moins éloigné de Bruxelles) et l’opinion émise sur les points faibles du quartier actuel.

[24 ] Les modalités de réponses sont distinguées sur le graphique par un losange qui indique les atouts, tandis que les marqueurs en cercle se rapportent aux points faibles.

[25 ] Cette dernière modalité n’apparaît pas sur le graphique mais se situe dans sa partie la plus supérieure.

[26 ] Les modalités de réponses sont distinguées sur le graphique par un point noir qui indique les atouts, tandis que les marqueurs en carré se rapportent aux points faibles.

[27 ] A l’exception des deux groupes extrêmes (1 et 8) qui contiennent sensiblement moins de ménages.

[28 ] A l’exception de la classe des revenus les plus élevés.

[29 ] Le test de Chi2, significatif au seuil de 1%, montre qu’il existe une relation entre le souhait ou non de déménager et le groupe de communes de résidence.