Des machines, des vaches et des hommes. Projets culturels, acteurs et territoires dans un espace rural en crise : l’exemple de la Thiérache

Emmanuelle BONERANDI et Camille HOCHEDEZ Maître de conférences et Élève fonctionnaire stagiaire en géographie ( UMR Géographie-cités/Géophile - École Normale Supérieure Lettres et Sciences humaines, Lyon )

La définition et la mise en œuvre de projets culturels en milieu rural permet souvent de tester la capacité d’expression collective des habitants. Généralement, les études portent sur les projets menés dans le cadre d’espaces ruraux en forte recomposition, à travers la confrontation-collaboration entre autochtones et néo-ruraux. Cette focalisation sur des espaces de faible densité et, souvent, de forte aménités patrimoniales, laisse dans l’ombre d’autres espaces ruraux, tels les espaces ruraux anciennement industrialisés en crise, la valorisation du patrimoine industriel s’opérant davantage dans les espaces à dominante urbaine. Ce type d’espace, que l’on peut communément regroupé sous le vocable de campagnes ouvrières, connaît, dans bien des cas, une hémorragie démographique, une crise socio-économique, spatiale et identitaire ancienne, sans bénéficier d’apports de populations nouvelles. Leur isolement géographique peut conduire à renforcer leur marginalisation. 
Les espaces ruraux anciennement industrialisés sont bien souvent considérés comme des « déserts culturels ». Cependant, des projets culturels les animent, qui constituent souvent l’un des moyens essentiels pour des acteurs de travailler ensemble, pour des populations de se retrouver. La problématique de la construction d’un lien social renouvelé par le projet culturel n’en est posée qu’avec plus d’acuité. Elle invite, dans ces espaces disqualifiés, à dépasser l’alternative « culture du loto » versus « culture élitiste » pour envisager la culture comme un bien partagé par tous, un vecteur du vivre ensemble. L’objectif est ici d’interroger la capacité du projet culturel à construire du territoire et à recréer du lien social à travers l’analyse de la situation observée en Thiérache (à la jonction des départements du Nord et de l’Aisne). L’étude de quatre projets culturels fortement différenciés (Écomusée de la région de Fourmies-Trélon, projet Utopia de valorisation du Familistère Godin à Guise, Festivache de la Thiérache du centre, et saison culturelle des Transfrontalières) permet de cerner les facteurs de recomposition socio-territoriale et d’en évaluer la pertinence au regard de la construction du lien social. L’analyse approfondie de ces quatre expériences permet de préciser les critères de réussite et/ou d’échec, et d’engager la discussion sur le rôle de levier de développement territorial et social joué par le projet culturel en milieu rural. 

1. Le projet culturel pour penser les recompositions socio-territoriales en milieu rural 

11. De la culture en milieu rural
 

La dimension culturelle est devenue l’un des faire-valoir de l’attractivité des espaces ruraux. La culture a investi la campagne sous des formes très hétérogènes. Elle participe de l’être rural de ce tournant de siècle (Jean, 2001). L’événement culturel contribue au quotidien des espaces ruraux. On ne compte plus les animations culturelles régulières en milieu rural, parfois initiées dès les années 1970 dans le contexte d’émergence du développement local et du rôle joué par les foyers ruraux et les animateurs socio-culturels. On semble assister à un « revival » culturel du milieu rural, hybridation entre la demande d’une offre culturelle diversifiée de la part des habitants, permanents ou temporaires, la volonté des acteurs locaux d’assurer l’attractivité de leur territoire et la demande sociale de valorisation du patrimoine rural. 
La création artistique a conquis la campagne par l’entremise de la floraison de festivals qui renaissent chaque printemps ou chaque été. Les bals, fêtes populaires et autres animations à dimension patrimoniale alimentent la dimension culturelle et festive des espaces ruraux (Crozat, 1998 ; Di Méo, 2001). Même si la définition d’une politique culturelle dédiée aux espaces ruraux a disparu de l’agenda des services centraux de l’Etat, nombreuses ont été les actions à dimension culturelle initiée par le Ministère, tels la création du Fonds d’Initiative Culturelle dans les années 1970 ou la plus récente création des pôles d’économie du patrimoine (Virassamy, 2002). En outre, la décentralisation a permis aux collectivités territoriales d’assurer et de soutenir la promotion culturelle des territoires ruraux (Moulinier, 2003). Enfin, on ne peut passer sous silence le rôle joué par les associations locales et par les mouvements et réseaux d’envergure nationale dans la reconnaissance des aménités culturelles des espaces ruraux, tels, par exemple, les écomusées, les musées d’arts et traditions populaires ou la Confédération Nationale des Foyers Ruraux. 
L’exemple de la Confédération Nationale des Foyers Ruraux est emblématique de la dimension sociale de la culture qui agit comme un liant, « ce par quoi tient l’ensemble » (Bonnemaison, 2000). Le mouvement des foyers ruraux a largement œuvré pour faire du développement culturel le moteur du développement économique et social. Conçue durant la Résistance et officialisé en 1946, la Fédération Nationale des Foyers Ruraux entend ouvrir les campagnes à toutes les dimensions du progrès et de la culture, en alliant information technique, animation sportive et culturelle, connaissance du monde rural et éveil aux autres milieux. Les foyers ruraux constituent des associations d’éducation populaire, d’éducation permanente et citoyenne. Ils contribuent à l’animation et au développement culturels, sociaux et économiques du milieu rural. Les buts de l’animation culturelle sont la participation et l’apprentissage, inséparables de la création afin de« permettre l’accès à la culture du plus grand nombre »

12. L’entrée par le projet culturel 

La dimension territoriale des faits culturels constitue une entrée intéressante pour analyser les dynamiques et recompositions des espaces ruraux et de leurs sociétés. La notion de territoire fait appel à la culture. Nous entendons ici la culture dans une acception large, celle de la façon dont les hommes se comportent, agissent communiquent en société. Que ce soit dans le domaine de la perception du territoire, de ses représentations, de son appropriation symbolique, la construction territoriale résulte de la culture de la population qui y vit. Ce lien est à double sens : d’un côté le territoire produit du culturel (ainsi la « mise en mythe du paysage » résulte d’une opération culturelle qui s’élabore à partir des caractéristiques géographiques du territoire), de l’autre le culturel produit du territoire (par l’usage d’emblèmes, de symboles, le culturel permet de s’approprier un espace). 
Si la définition générale de la culture élaborée par Paul Claval (1995), comme « l’ensemble de ce que les hommes reçoivent en héritage, ou qu’ils inventent […] l’ensemble des représentations sur lesquelles repose la transmission des sensibilités, des idées et des normes d’une génération à une autre, ou entre partenaires du même âge » peut être retenue, l’ambition est ici de s’intéresser plus spécifiquement au projet culturel, en tant qu’il renvoie à la « place de la culture dans l’aménagement du territoire comme facteur d’attractivité, de dynamisme économique et surtout de cohésion sociale » (Ministère de la Culture et de la Communication, 1998). 

Le terme de projet est dans l’air du temps. Les récentes lois d’aménagement du territoire intiment l’ordre aux territoires d’élaborer des projets, qui seraient bien inspirés de s’ériger en projet de territoire (Vanier, 2000). L’intérêt du terme relève de ce qu’on a l’intention de faire, insistant ainsi sur l’intention des acteurs porteurs du projet et sur la temporalité de l’action, le projet consistant antre autres dans une action de projection dans l’avenir. Partant du présupposé que tout projet est un projet de société, élaboré par une société pour une société, l’intérêt majeur ne se porte pas sur le projet en lui-même mais sur son inscription dans un contexte socio-spatial et sur les effets sociaux et territoriaux qu’il peut entraîner. 

13. La dimension ‘projet culturel’ pour évaluer le développement socio-territorial 

Ainsi une réflexion centrée sur le rôle de la culture dans le développement socio-territorial passe par une interrogation sur la notion de projet culturel, en tant qu’il tient une place centrale dans la démarche, et ce à plusieurs niveaux : 
-le projet culturel constitue une étape, par essence temporaire, voué à disparaître pour laisser place à sa concrétisation ; 
- le projet culturel correspond à un moment particulier, celui où se regroupent des acteurs d’origines diverses (géographique, socio-professionnelle, générationnelle, …) dans le but d’élaborer une oeuvre commune, de construire un fait de consensus ; 
- par-delà la déclinaison en actions spécifiques, le projet culturel vaut par sa dimension performative dans une double acceptation de « faire parler sur » et de « faire parler entre » ; 
- le projet culturel représente une opportunité pour les acteurs de construire un projet plus global, à la fois territorial et socio-spatial, il peut constituer un moyen d’appropriation du territoire par une société, un moyen de conscientisation de la population d’appartenir à un même territoire, de partager une même identité ; 
- le projet culturel représente, enfin, la projection d’une société dans l’avenir ; 

Enfin, même si le propos de J. Rigaud (1996) ne s’applique pas spécifiquement aux espaces ruraux, le culturel occupe une place centrale dans le projet de société et dans les choix politiques des acteurs, car « qu’il s’agisse de maintenir ou de consolider le lien social, d’assurer une égalité effective entre les êtres, de garantir les conditions de leur dignité et de leur épanouissement, aucun de ces choix qui impliquent une volonté politique ne doit ignorer la culture, mais bien en faire un facteur-clé des décisions ». Cette affirmation, partagée par les auteurs, ne prend que plus de sens quand on la met en regard d’espaces ruraux disqualifiés, tel que celui retenu pour l’étude ici présentée. 

2. La Thiérache, un territoire disqualifié 

Partant de l’hypothèse que le projet culturel peut constituer une voie de sortie de crise pour les espaces ruraux anciennement industrialisés, il convient dans un premier temps de présenter quelques jalons de la situation de crise observée en Thiérache, crise polymorphe et cumulative qui touche à la fois le territoire, les activités et les populations dans un processus de dégradation locale (Bonerandi, 1999). 

21. Un territoire de marge et de confins 

La Thiérache présente tout d’abord le double handicap d’une situation de marge géographique et de confins territorial. La région peut être définie comme un angle mort du territoire français, éloigné des principales voies de communication rapides et dépourvu de toute réelle concentration urbaine digne de ce nom (carte 1). L’inscription régionale dans le quart nord-est de la France définit un espace de marge éloigné des principaux centres urbains régionaux, un espace périphérique qui peut être associé aux espaces de faibles densités relatives. À l’échelle locale, la structuration spatiale est hétérogène, la ruralité domine quelques pôles urbains isolés. La densité moyenne de 50 hab./km² s’explique par la faible urbanité : seules 17 communes sur un total de 300 dépassent le seuil des 2 000 habitants agglomérés ; parmi ces dernières, seules Hirson et Fourmies excèdent légèrement les 10 000 habitants. 
La Thiérache se situe, en outre, en marge de plusieurs entités administratives, qu’elles soient nationales (proximité de la frontière belge) ou régionales (Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Champagne-Ardennes). On est en effet confronté ici à un territoire fragmenté, écartelé entre trois départements, trois régions et deux pays. Les dénominations sont d’ailleurs révélatrices de cette situation. Si l’unité de la « Thiérache » au sens de la région agricole tient sa cohérence d’une économie laitière bovine sous-tendue par un paysage bocager, les délimitations des espaces vécus renforcent les découpages administratifs entre l’Avesnois (partie nordiste), la Thiérache (partie axonaise), la Thiérache ardennaise et le sud du Hainaut (partie belge), au point que l’on peut parler d’un « territoire improbable » ou d’un « territoire de circonstance (Bonerandi, 2000). 

22. Un espace en crise 

Quelques données statistiques générales suffisent pour considérer l’intensité de la disqualification socio-économique de l’espace d’étude. L’hémorragie démographique est ancienne : de 1962 à 1999, selon un rythme quasi-régulier, la Thiérache est passé de 193 455 à 161 235 habitants (soit une perte de 16,5%). Cette dégradation démographique est essentiellement due à un solde démographique constamment négatif que ne compense pas un solde naturel encore positif. Les conséquences directes en sont un vieillissement de la population. Le taux de chômage du bassin d’emploi (Thiérache de l’Aisne) atteint 13,4% de la population active en 2003, soit 4 points au-dessus de la moyenne nationale. Il dépasse 20% dans les communes industrielles et urbaines d’Hirson et de Fourmies. Ce taux de chômage particulièrement élevé résulte de la disparition de l’ancien système productif fondé sur la métallurgie et le textile, entrée en crise dès les années 1950 sans que l’implantation de nouvelles unités de production ne viennent compenser l’effondrement des effectifs industriels. Les effets de structure de ce type de développement économique d’origine largement exogène se font cruellement ressentir dans la disqualification socio-économique de la population locale. Si le niveau de qualification générale est particulièrement faible, les 16,7% des 15-24 ans sortant de l’école sans aucun diplôme en 1999 témoignent d’une faible amélioration de la situation parmi les jeunes générations. La situation est éloquente si l’on considère les bénéficiaires des minima sociaux. Ainsi, le taux d’allocataires RMI de 25 à 49 ans en 2001 sur le canton d’Hirson rejoint celui des cantons les plus urbanisés de Picardie avec 48,6 pour 1 000, soit près de 20 points au-dessus de la moyenne régionale. Les indicateurs de pauvreté se recoupent et s’additionnent, ainsi en témoignent la faiblesse des revenus imposables et le fort taux de foyers fiscaux non imposés (Bonerandi, 2004). 

23. Un espace de la « fracture sociale » ? 

Si l’on opte pour une approche plus sociologique, on peut considérer la société thiérachienne comme une société à la fois disqualifiée et divisée. Les lourds handicaps structurels conduisent, notamment dans les cités à vocation industrielle et ouvrière, à l’émergence d’une société bipolaire entre, d’une part, une catégorie relativement préservée, constituée des populations anciennement actives et aujourd’hui retraitées, et des populations ayant un emploi, notamment dans le secteur public, et d’autre part, les populations en difficulté, présentes notamment parmi les populations en âge d’être actives, celles qui n’ont pas ou peu connu le monde du travail, n’ont pas les ressources (économiques, sociales et mentales) pour « s’en sortir » et se maintiennent grâce aux structures d’encadrement social. Nombre d’acteurs locaux soulèvent les problèmes d’inertie spatiale et mentale de ces populations. 
En outre, et plus profondément, la société thiérachienne offre deux visages qui sont liés à son histoire économique, entre une Thiérache agricole et une Thiérache industrielle. Les relations complexes et concurrentes entretenues entre une sphère agricole et indépendante, d’une part, et une sphère industrielle et ouvrière, d’autre part, font de la Thiérache un territoire partagé. Ainsi, par exemple, les nouveaux établissements industriels installées dans les années 1950, spécialisées dans l’électricité (Barelec à Etreux) et les télécommunications ou l’agro-alimentaire (Nestlé à Boué, Bongrain au Nouvion-en-Thiérache, Heudebert à Vervins) ont soigneusement évité les anciennes communes industrielles du textile et de la métallurgie, entérinant une partition socio-économique et culturelle du territoire. Ainsi, il semble bien que l’on puisse considérer que deux héritages culturels co-existent en Thiérache, entre un modèle agricole, rural et indépendant, d’une part, et un modèle industriel, urbain et ouvrier, d’autre part. 

3. La culture, de la confiture aux cochons ? 

31. La culture, une priorité ignorée ?
 

Dans ce territoire en crise que constitue la Thiérache, on aurait tendance à penser que la question de la culture ne se pose pas, la priorité étant le développement économique. Les politiques de développement initiées par les collectivités locales accordent peu de place au développement culturel. Que ce soit dans le document préparatoire au IVème Plan (1969) ou dans le Contrat de Plan État-Région de Picardie (2000-2006), la culture est au mieux présente sous le volet « mise en valeur du cadre de vie », dans une optique de valorisation touristique du territoire. 
Pourtant, la multiplicité des initiatives locales et des manifestations culturelles prouvent, si besoin en était, que la Thiérache n’est pas un désert culturel. Que ce soit à travers la valorisation des produits de terroir (AOC Maroilles, Foire aux fromages de La Capelle, cidre fermier, Fête du lait au Quesnoy) ou la préservation du patrimoine bocager (Parc Naturel Régional de l’Avesnois), la Thiérache a fait des évènements culturels un moyen de valoriser son territoire (Delfosse, 2002 ; Amas, 1997 ;Dubois, 1995). Notre attention s’est porté sur un autre champ, car, sans nier l’importance de ces projets par ailleurs déjà étudiés, il nous semble qu’ils ne mettent en valeur qu’une partie de l’identité thiérachienne, fondée sur le patrimoine rural, et surtout agricole. C’est donc une vision réductrice de la culture, limitée à son versant agricole, qui est mise en avant. Le fait de choisir des projets ayant des thèmes aussi variés que l’industrie textile, l’utopie socialiste ou les vaches, amène à s’interroger sur ce qui fonde la réussite du projet culturel dans un milieu rural de ce type : pourquoi l’identité agricole est-elle plus mise en avant, pourquoi est-elle plus fédératrice que le versant « industriel » de la culture thiérachienne ? 

32. Présentation des projets culturels retenus 

Quatre projets ont été retenus, en fonction de leur assise territoriale, de leur durabilité et de la participation de la population : le Festivache- »En Thiérache du Centre il y a des vaches partout », l’Écomusée de la Région de Fourmies-Trélon, Utopia (familistère Godin) et la Saison Culturelle des Transfrontalières. Ces projets sont intéressants à étudier car ils émanent de et dessinent des territoires différents (tableau 1), concernant respectivement une Communauté de Communes (la Communauté de Communes de Thiérache du Centre-CCTC), un réseau, un site et une « Eurorégion » en constitution. Les thèmes de ces projets sont variés : plutôt classique pour ce type d’espace, c’est-à-dire rural (le Festivache), mais aussi industriel (l’Écomusée), concernant un patrimoine de renommée internationale (Utopia et le familistère) ou lié à une politique publique particulière (programme INTERREG pour la Saison Culturelle des Transfrontalières). 
Le Festivache, mettant en valeur un thème assez consensuel, est un évènement porté par Tac-Tic Animation, le centre culturel de la CCTC. Son objectif est de donner une légitimité identitaire à la CCTC, qui est souvent une structure méconnue des habitants. Cette manifestation, dont la première édition a eu lieu en 2001, se déroule entre la mi-juin et la mi-juillet et se présente comme un festival d’art bovin contemporain, où la population locale est invitée à réaliser des vaches de toute forme, et à les exposer devant leur maison. À cette exposition en plein air est associée l’organisation de « temps forts » (concerts, fêtes, randonnées,...). 
L’Écomusée (photo 1) est de nature différente car il est un projet devenu réalité culturelle ; cet équipement fonctionne comme un réseau progressivement constitué (entre 1982 et 1986) de six antennes et de deux musées associés qui traitent tous d’un thème représentatif de l’identité thiérachienne (maison du bocage, musée du verre). L’antenne principale, celle de Fourmies, est axée sur la valorisation du patrimoine industriel textile et de la vie sociale qui y est associée. Outre les expositions permanentes, les différents sites proposent des animations pédagogiques à destination des scolaires et des manifestations autour du patrimoine, de type randonnée de découverte de la faune et de la flore. 
Le projet Utopia a pour objectif la valorisation scientifique, culturelle et touristique du familistère Godin de Guise. Il reprend l’identité industrielle et ouvrière du site, en voulant réhabiliter la totalité du complexe (bâti et parcs alentours) pour en faire un site touristique majeur à l’échelle de l’Europe du Nord. Ce projet est plus difficile à réaliser car il ne fédère pas acteurs et population, loin de là. 
Les Transfrontalières n’ont pas de thème spécifique, en ce qu’elles sont une programmation culturelle commune entre les trois villes d’Hirson (Aisne), Chimay (Belgique) et plus récemment Fourmies (Nord). Les spectacles proposés se veulent variés, aussi bien des concerts, des pièces de théâtre, des spectacles de danse. La programmation propose également des expositions et des festivités comme les « Transfrontalières » (festival de musique organisé à Hirson à la Pentecôte). Cette manifestation veut promouvoir une identité thiérachienne commune, par delà les divisions administratives ; elle se veut le premier jalon de la constitution d’une Eurorégion, à l’aide d’un financement INTERREG. 

Ces quatre projets sont représentatifs de la volonté des acteurs locaux de donner une dimension culturelle aux projets de développement. Ils ont des inscriptions spatiales différentes (site / Communauté de communes / réseau / région transfrontalière). Ils représentent deux types de projet culturel : l’évènementiel et l’équipement pérenne. Par delà ces différences, leur objectif est de donner une autre identité t une autre image à la Thiérache. 
Ces projets culturels peuvent-ils être un élément de résolution de la crise ? Peuvent-ils être le moyen de redonner une cohésion territoriale à une Thiérache morcelée par diverses limites administratives entre diverses facettes identitaires ? Du projet à sa réalisation, des ambitions sur le papier à sa matérialisation, les territorialités sont-elles respectées ? 

4. Des projets pour des territoires 

Aucun projet ne semble faire émerger un territoire commun. Chaque projet construit sa propre territorialité, selon des formes diverses. Une comparaison entre le tableau 2 et la carte 2 montre qu’il y a un décalage entre les territoires projetés et l’assise territoriale réelle. Les inscriptions spatiales sont diverses, allant du site au territoire de projet. 
Utopia est typiquement un projet de site ; il a une assise territoriale restreinte, ponctuelle, qui se résume à un quartier de Guise, véritable enclave socio-spatiale. Le projet n’entend pas valoriser une région (la Thiérache) mais bien un lieu. Souffrant d’un manque de communication et d’une reconnaissance quasi-inexistante au plan régional, c’est un projet dont l’assise n’a de consistance que budgétaire, les différents échelons territoriaux (Communauté de Commune de la Région de Guise-Thiérache d’Aumale, Département de l’Aisne, Région Picardie, État et Europe) étant concernés par le projet au titre financier. Le problème de l’enclavement se pose avec acuité et empêche pour l’instant un développement territorial élargi. L’identité territoriale du Familistère n’a pas encore de réel contenu, dans la mesure où la population et la majorité des acteurs ne se sentent pas concernés par le projet ; ils estiment que les investissements apportent surtout à la commune de Guise, qui en a d’ailleurs profité pour effectuer des travaux d’embellissement du centre-ville sur l’enveloppe budgétaire du projet Utopia. Ce projet a du mal à fédérer les acteurs ; les travaux n’avancent que très lentement. 

L’Écomusée et les Transfrontalières ont quant à eux une assise territoriale réticulaire. Le réseau de l’Écomusée est davantage consolidé, du fait de son ancienneté, mais aussi parce qu’il s’inscrit à l’intérieur d’une limite administrative, son territoire se situant exclusivement en Avesnois, c’est-à-dire dans la partie nordiste de la Thiérache. Dans les deux cas, la carte fait apparaître des réseaux déséquilibrés et fortement polarisés par une petite ville : Fourmies pour l’Écomusée, Hirson pour les Transfrontalières. Le territoire effectif de l’Écomusée respecte les limites qui lui ont été assignées. Il s’appuie sur un territoire d’intervention de 17 communes adhérentes, avec lesquelles l’Écomusée a une « convention de territoire », sur la base d’une cotisation communale annuelle au prorata du nombre d’habitants (environ 45 ? par an et par habitant). Non seulement l’Écomusée fonctionne en réseau, mais sa reconnaissance d’un point de vue culturel lui permet de collaborer avec d’autres structures culturelles régionales, dont le Parc Naturel Régional de l’Avesnois, la Fédération touristique « tourisme en Avesnois », et les structures porteuses du futur pays Sambre-Avesnois. L’Écomusée, en étant le porteur de projet de toutes ces institutions, a joué le rôle de levier de structuration territoriale. Mais son territoire est déséquilibré ; l’antenne-mère de Fourmies capte l’essentiel de flux de visiteurs et des investissements, au point que d’autres antennes, comme la Maison de la Fagne à Wallers-Trélon, sont menacées dans leur existence même. Par ailleurs, ce réseau combine différents niveaux, car il est lui-même inséré dans le réseau national des Écomusées, et il collabore avec des musées étrangers (jumelage avec le musée de Coptree en Angleterre). Enfin, l’Écomusée de Fourmies reste tributaire de la politique culturelle régionale ; il a par conséquent plus de lien avec la métropole lilloise qu’avec les autres institutions culturelles de Thiérache de l’Aisne, les tentatives de coopération avec celle-ci ayant échoué. Le cas des Transfrontalières fait apparaître un réseau inachevé et fortement dissymétrique. Les relations, tant du point de vue du déplacement des spectateurs que de l’organisation et du choix des spectacles, sont beaucoup plus fortes entre Hirson et Chimay, véritable axe de construction de cet espace transfrontalier, qu’avec Fourmies, qui ne s’est d’ailleurs rattachée que tardivement au programme. L’opération n’en est encore qu’au stade de conscientisation des populations. Un système de navettes a été mis en place, en espérant qu’il joue un rôle incitatif pour d’autres déplacements. Or, si la population se déplace occasionnellement pour des spectacles, elle ne le fait pas systématiquement pour les choses du quotidien. Le territoire constitué par les trois pôles de spectacle est lacunaire. Pour combler ces « vides », les organisateurs prévoient d’élargir la zone d’influence des manifestations à d’autres communes ayant émis ce souhait, comme les communes de Momignies (Belgique), de Signy-le-Petit (Ardennes), d’Anor (Nord) et de tout le canton d’Hirson. Ceci permettrait de donner une réelle consistance à l’Eurorégion potentielle, en y intégrant par ailleurs la partie ardennaise de la Thiérache. Ainsi, les Transfrontalières participent d’une véritable culture d’aménagement du territoire. 
Enfin, le Festivache constitue l’exemple le plus abouti de réussite territoriale. Son assise territoriale correspond à peu près aux limites de la CCTC. En ce sens, il participe réellement à la construction identitaire de ce territoire de projet. L’ensemble du territoire est innervé par le festival. A partir de la mi-juin, le territoire de la CCTC se couvre progressivement de vaches d’art de toutes formes et de toutes matières, les plus belles étant récompensées par un prix. Au total en 2003, il y a eu 1 800 représentations de vache dans les communes du territoire de la CCTC, contre 1 100 en 2002, soit une augmentation de plus de 60%. La participation aux « temps forts » est quant à elle variée : elle est importante pour les manifestations mettant en scène la ruralité (« Ferme au cœur de la ville », conférence sur les races de vaches, course de moissonneuse-batteuse, brocantes,...), elle l’est moins pour des manifestations aux thèmes plus variés comme des concerts de rock ou certaines expositions. Par delà ces nuances, le succès est tel que certaines communes hors de la CCTC ont été associées au Festivache. C’est le cas en particulier pour des communautés de communes voisines (C.C. de la Région de Guise et de la Thiérache d’Aumale C.C. des Portes de la Thiérache, C.C. du Pays des Trois Rivières) qui participent financièrement à l’organisation de la randonnée cycliste et pédestre « la Thiérachienne », qui se tient durant le Festivache. Lors de l’édition 2003, une randonnée cyclotouriste est même partie de Chimay (Belgique). Toutefois, la participation ne se fait pas de manière égale sur le territoire. La carte 2 fait apparaître une dorsale de villages allant de la Flamengrie au nord à Saint Algis au sud, où le nombre de vaches réalisées est plusimportant, et où l’implication des élus est plus forte. Or les communes constituant ce noyau dur ont pratiquement toutes moins de 200 habitants, à l’exception de la Flamengrie ; comme le souligne le maire de Papleux, commune faisant partie de cette dorsale, « pour les petites communes, participer, c’est une façon de prouver qu’il y a encore de la vie ». L’émulation créée par l’existence d’un concours récompensant les plus belles réalisations, les phénomènes d’imitation jouent également dans la constitution de cette dorsale nord-sud. Il est intéressant de constater que, d’une édition à l’autre, les communes fortement impliquées dans la réalisation de vaches ou dans l’organisation d’un temps fort varient peu. Ainsi, le Festivache est désormais un évènement attendu ; il a réussi à faire connaître la CCTC à ses habitants, à faire travailler ensemble les acteurs de cette Communauté de Communes, en leur démontrant l’utilité d’une coopération intercommunale. Il a aussi, par la création de logos, d’affiches, donné une identité, un symbole au territoire, à la fois pour ses habitants, mais aussi pour les gens de l’extérieur. Cet exemple montre comment la culture en milieu rural, en associant l’aspect ludique et l’aspect identitaire, peut être un élément fédérateur socialement, et donc territorialement. 
La plus ou moins grande réussite du projet, mesurée ici par le plus ou moins grand décalage entre le territoire projeté et le territoire effectif du projet culturel, amène à se poser la question des causes de ce décalage ou de cette réussite. Il conduit également à s’interroger sur la capacité du projet culturel à construire des solidarités dans une société en crise. 

5. Projet culturel, projet social : la culture pour vivre ensemble ? 

L’interrogation porte ici sur la capacité du projet culturel à construire du lien social dans une société et sur un territoire en crise. Est-ce que les projets culturels permettent à la population locale de « vivre mieux » ou autrement, de dépasser les clivages socio-professionnels et socio-culturels, de faire unité sociale et territoriale au moins le temps de l’événement sur les territoires qu’ils animent, ou qu’ils contribuent à construire ? 

51. Les limites structurelles des projets culturels 

Les projets étudiés rencontrent des limites structurel Ainsi, aucun des quatre projets n’arrive à concerner l’ensemble de l’espace d’étude, ce qui renvoie à la force des découpages administratifs constitutifs de la région. La culture n’échappe pas, elle non plus aux effets de discontinuité territoriale créés par la décentralisation. Si chaque projet rencontrent des limites qui lui sont propres (tableau 3), ils ont en commun de devoir composer avec le faible nombre des porteurs de projets, inhérente à la faible densité relative de la Thiérache, et surtout au manque de renouvellement et à la faible ouverture de la société locale. Les porteurs de projet sont clairement identifiés, parfois ils interviennent dans plusieurs projets à titre principal ou secondaire. Lors des enquêtes, tous ont clairement pointé le manque de structure d’encadrement, qui nuit notamment à une bonne communication des actions, la difficulté à recruter des animateurs, la lassitude et, plus généralement, la difficulté à faire valoir et soutenir des projets culturels sur un territoire périphérique par rapport aux structures de décision, notamment régionales. Le manque de regard extérieur, on pourrait aller jusqu’à dire de sang neuf, induit un certain enfermement, un manque d’ouverture et l’absence d’un contre-pouvoir de proposition. En outre, l’absence de renouvellement démographique par arrivée de populations venues d’ailleurs ne permet pas d’observer ici l’émergence d’une demande culturelle renouvelée. Les projets culturels sont avant tout des projets d’élus locaux, des projets politiques, ils n’émanent pas de la population. 

52. La place de la population locale dans les projets culturels 

La plus ou grande réussite de ces projets tient au mode de participation de la population et au choix de vecteurs privilégiés de diffusion. On constate que la population n’a jamais été à l’origine d’un projet culturel, soit elle endosse l’habit du spectateur, de la partie prenante ou de l’opposant. 
Certains projets donnent à la population un rôle central indispensable, tel le Festivache. Sans la participation de la population à la réalisation et à l’exposition des vaches en plein air, le projet ne saurait exister. La mise en place du concours de la plus belle vache constitue à coup sûr un facteur d’émulation locale. Le Festivache représente une réussite indéniable au niveau de la participation de la population, au point que les organisateurs se posent la question de la conciliation entre participation de masse et production artistique. Le projet culturel oscille entre la dimension d’une fête populaire (photo 2) et la manifestation artistique de plein air (photo 3). On note également l’importance du milieu scolaire comme vecteur de projet, rôle d’effet levier et de diffusion d’un nouveau comportement des populations face à la culture. Ainsi, il est bon de rappeler que l’Écomusée du textile et de la vie sociale de Fourmies trouve son origine dans un projet pédagogique menée par les écoles primaires du canton. En outre, le public scolaire assure une part importante de la fréquentation de la structure et, bien souvent, les enfants venus dans le cadre d’une sortie scolaire retournent faire la visite dans un cadre familial. 
Dans le cas des Transfrontalières, le rôle de la population est plus ambigu. L’un des points d’orgue de la saison se déroule le dimanche de Pentecôte dans le cadre du traditionnel défilé des chars réalisés par les associations locales. Cette animation sous-tend l’organisation d’un atelier d’insertion sur l’année dans le cadre des activités du Centre Social d’Animation Culturelle de la ville d’Hirson. Mais les femmes et les hommes qui oeuvrent à la réalisation des costumes et des chars ne sont conviés qu’aux manifestations populaires (défilé et concert gratuit du dimanche de la Pentecôte). La fréquentation régulière de la saison culturelle souligne, quant à elle, les fractures de la société thiérachienne, puisqu’elle est le fait des notables locaux, cadres, et professions intellectuelles. On observe ainsi deux systèmes qui fonctionnent en parallèle sans se rencontrer, si ce n’est sous le terme générique de la manifestation, et qui caricaturent l’opposition entre culture populaire et culture élitiste. Il n’a pas été prévu dans le projet de mettre en place des animations intermédiaires, comme, par exemple, des rencontre avec les artistes se produisant dans le cadre de la saison culturelle au sein de l’atelier d’insertion. Qu’il s’agisse des Transfrontalières ou du Festivache, la fête semble constituer un vecteur propice à la participation de la population. 
Le projet Utopia constitue, quant à lui, une situation particulière d’opposition farouche de la population locale au projet. Les raisons du blocage semblent assez évidentes. On pourrait arguer que l’opposition locale se porte sur le refus d’un projet venu du haut, imposé par le Conseil Général, après moultes tergiversations. La raison essentielle tient plus à l’enjeu social constitutif du projet. En effet, le projet de rendre à ce haut-lieu de l’utopie sociale sa dimension symbolique défend la patrimonialisation d’un site de renommée international en désertifiant un lieu encore habité par les retraités de l’usine Godin et les veuves d’anciens ouvriers (photo 4). Les habitants des logements, souvent âgés et de condition modeste, refusent farouchement de quitter le site. Pour eux, le patrimoine que représente le Familistère est un patrimoine immobilier et affectif, alors que pour les concepteurs du projet il représente un patrimoine architectural, industriel et scientifique. Les deux approches s’opposent à tel point qu’on ne parle plus jamais du projet en lui-même mais de la polémique qu’il suscite avec les habitants du familistère, constitués en association « Pour le droit de continuer à vivre au Palais social. 

53. La quête impossible du géosymbole 
La réussite du projet culturel en terme de construction de lien social tient également, et peut-être avant tout, au géosymbole mobilisé, au sens défini par J.Bonnemaison (2000) de « la structure symbolique d’un milieu, d’un espace, ses significations. Á ce titre, le projet culturel qui apparaît comme le plus abouti est celui du Festivache. Les porteurs du projet reconnaissent la facilité et à la rapidité à fédérer les populations autour du thème de la vache. Comme si l’animal aux yeux si doux (Micoud A., 2003) réifiait un des mythes fondateurs du territoire, celui de la vache associé au mythe d’un âge d’or de la Thiérache, celui d’une prospérité économique fondée sur l’élevage. Même si le projet culturel de l’Écomusée est aujourd’hui entré dans sa phase de maturité, au point que l’on puisse se demander s’il s’agit toujours d’un projet, les débuts n’ont pas été des plus faciles entre les différents acteurs gravitant autour du dossier. Seule l’intervention du maire de Fourmies, farouche défenseur du projet, a réussi à dépasser les oppositions entre la sphère patronale encline à la mise en place d’un seul musée des techniques, les syndicats opposés à la muséification des luttes ouvrières et des durs conditions de travail des ouvriers textiles, des élus voisins et une population locale indifférente. Si l’on considère les projets culturels menés plus généralement en Thiérache, on note que les projets valorisant le patrimoine que l’on qualifiera de rural, agricole et naturel, rencontrent plus de facilité et de reconnaissance que les projets à dimension industrielle, reléguant dans l’oubli une part constitutive de la société et du territoire locaux. Au final, on peut considérer que l’assise territoriale des quatre projets étudiés correspond également à un ancrage dans des territoires culturels différenciés, réactivant la coupure entre Thiérache agricole et rurale et Thiéarche industrielle et urbaine. 

Bibliographie 

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