Nouvelles pratiques sportives, nouveaux territoires urbains : l’exemple de la pratique du roller à Rouen

Ludivine Lemoine, doctorante à l’université de Rouen, FRE 2795 "Identité et différenciation des espaces, de l’environnement et des sociétés"

Au cours des années 1980 et 1990, de nouvelles pratiques sportives se révèlent et envahissent le territoire français. Ces pratiques sportives libres ou auto-organisées correspondent à une évolution significative de la perception de l’activité sportive, celle-ci étant déplacée d’un objectif de compétition vers des fonctions de convivialité et d’hygiène de vie. A côté du modèle sportif pur, dominé par l’organisation des clubs et la compétition, se précise un autre modèle centré sur les sports de loisirs. Le développement de ces nouvelles pratiques est à l’origine de la multiplication des territoires sportifs « hors piste, hors limite et hors norme » (A. Loret, 1996). Elles participent à la construction de nouveaux liens sociaux générant par la même un emmêlement de territoires dans lesquels s’organisent l’activité du groupe. Du fait, l’espace urbain public, ainsi approprié, se mue de manière spontanée en un espace ludique et récréatif total. 

A travers l’exemple du roller, élément constitutif de l’urbain depuis les années 90, nous essayerons de comprendre comment l’espace rouennais se recompose. Il s’agit donc de comprendre le choix de la pratique du roller (un besoin de liberté, une certaine autonomie dans la conduite de son activité et de l’espace parcouru, ou bien une réelle absence d’organisation, peut-être aussi la mise en avant d’une pratique sportive plus ludique que compétitive…), d’évaluer les demandes et les besoins réels des pratiquants afin d’alimenter les réflexions des décideurs politiques. Au-delà, c’est également une réflexion sur l’animation et l’aménagement urbain dont il est question.