Mobilités résidentielles, mobilités quotidiennes. Une approche des déterminants sociaux des aires de déplacement en région parisienne

Martine Berger, professeure à l’université Paris I, UMR 7533 "Laboratoire Dynamiques Sociales et Recomposition des Espaces"

L’analyse des territoires de mobilités des citadins et de leurs échelles spatiales est un des thèmes aujourd’hui les plus abordés dans un contexte d’accélération de l’étalement urbain et de réduction des densités tant dans les espaces de la résidence que dans les zones d’activité. On s’intéresse ici à l’espace urbanisé parisien au sens large, incluant les couronnes périurbaines. Alors que moins d’un Francilien sur quatre travaille désormais dans la commune ou l’arrondissement où il réside, et qu’environ un ménage sur deux change de logement entre deux recensements, ces deux formes de mobilité s’expliquent largement, dans la diversité de leurs horizons et de leurs parcours, par les caractéristiques sociales des ménages et des individus. 

A partir d’une exploitation de données censitaires et d’enquêtes réalisées dans 5 sites franciliens, deux grands types d’interrogation ont été privilégiés. D’une part, on s’est interrogé sur les échelles spatiales des mobilités résidentielles et quotidiennes à l’intérieur du système urbain : quelles sont, en particulier, les distances de navettes et de déménagement acceptées et pratiquées par les différents groupes sociaux ? D’autre part, on s’intéresse aux relations entre les mobilités résidentielles et les mobilités quotidiennes des ménages, aux degrés de liberté et de contraintes inégaux qui président à leurs arbitrages en matière de choix résidentiels.