Les maires face à la mobilité résidentielle de retraite sur la façade atlantique française : variations entre bienveillance, indifférence et dédain

Didier Bésingrand, doctorant à l’université d’Angers, UMR 6590 "Espaces et Sociétés"

La façade atlantique française connaît depuis quelques années un engouement de la part des retraités français et étrangers. Celui-ci s’inscrit dans deux phénomènes concomitants : un tournant démographique majeur avec l’arrivée à la retraite à partir de 2005 de la génération du baby-boom ainsi que le développement des infrastructures et des moyens de transports sur cette portion de l’espace français. 

Les nombreuses cohortes de retraités qui vont arriver sur certaines communes de l’espace atlantique vont générer des impacts humains, économiques et immobiliers tels, que les maires concernés par cette mobilité résidentielle de retraite déjà amorcée devraient mettre en place des politiques communales et intercommunales pour en juguler les effets. 

L’objet de cette communication est d’étudier si ces politiques existent, et de mettre en lumière les positions des maires par rapport à ce phénomène. Pour ce faire nous avons interrogé des maires de communes concernées par la mobilité résidentielle de retraite dans trois espaces laboratoires de la façade atlantique française : la presqu’île de Guérande, le Quercy blanc et la Côte Basque. 

La géographie sociale explore les interrelations qui existent entre les rapports sociaux et les rapports spatiaux (Frémont, 1984) est particulièrement adaptée pour décrire les rapports qu’ entretiennent migrants et édiles locaux. 

La mobilité résidentielle de retraite est mal identifiée par les maires. Cet état de fait est dû en grande partie à l’utilisation de l’espace très particulière de cette population. Nombre de retraités ne viennent pas s’installer définitivement dans les communes de réception ; ils utilisent de façon souple et de manières très diverses ce qu’il est parfois difficile de qualifier de résidence secondaire. L’achat de résidences principales et de résidences secondaires a des effets délétères sur le marché de l’immobilier local qui connaît parfois des hausses spectaculaires. 

L’ habitat devrait donc être un des piliers des politiques publiques des maires. Souvent il n’en est rien. Dans bien des cas on peut constater l’inexistence de toute politique foncière avec des communes saturées, sans moyens de gérer la pénurie de logements destinés à la population active. 

Face à l’afflux de retraités, de nombreux maires sont indifférents et ne perçoivent pas les effets induits de cette mobilité. Les édiles sont toutefois souvent bienveillants car ils ont pu observer les effets économiques induits par cette mobilité et tentent d’encourager ce mouvement. Enfin dans quelques communes nous avons pu observer que les politiques publiques allaient à l’encontre de la dynamique de la population et que seuls les effets prétendus négatifs de la mobilité résidentielle des seniors étaient pris en compte.