Les familles modestes dans la métropole toulousaine : la dialectique fixité-mobilité à travers le logement et les loisirs

Fabrice Escaffre, Lionel Rougé & Paul de Sorbier, doctorants à l’université Toulouse II, UMR 5193 "Centre Interdisciplinaire de Recherches Urbaines et Sociologiques" (avec la collaboration de M.C. Jaillet et C. Thouzellier)

Cette communication s’appuie des recherches doctorales en cours. Elle propose une lecture de la segmentation sociale de l’agglomération toulousaine, en se focalisant sur ses habitants les plus modestes. L’analyse s’inscrit dans la lignée des travaux récents sur « la ville à trois vitesses », principalement sur la notion de « relégation », entendue comme le résultat du processus de recompositions des inégalités sociales en cours et de leur inscription territoriale. 

Les trajectoires résidentielles de ces ménages sont étudiées à partir de l’analyse de l’offre de logement à laquelle ils peuvent prétendre. Sont aussi posées les questions de l’influence de l’intercommunalité sur l’offre publique de logement social, puis celle de l’impact spatial et humain des dispositifs financiers favorisant l’accession sociale à la propriété. 

Ainsi la localisation résidentielle des ménages à faible revenus semble se concentrer dans deux types d’espaces bien spécifiques : soit les quartiers de grands ensembles du type du Mirail, soit des zones périurbaines lointaines. Les premiers occupent aujourd’hui des positions relativement proches du centre ville et de certains pôles d’activités. Les seconds, à l’inverse, en sont très éloignées. En tenant compte de cette différence, l’analyse présente les territorialités, en particulier celles liées aux loisirs, dans ces deux types d’espaces et ce qu’elles expriment d’une marginalisation sociale. 

Enfin, après l’étude de l’offre résidentielle et de certains aspects des modes de vie de ces familles, l’observation des écarts ou des contradictions entre territoires de gestion et territoires de vie permet de proposer quelques pistes de réflexion tentant de mieux prendre en considération les spécificités de ces lieux de vie.