La recevabilité sociale du projet urbain

Nora Semmoud, maîtresse de conférences à l’université de Clermont-Ferrand, EA 997 "Centre de Recherches Appliquées sur le Massif Central"

La communication se propose de traiter de la question de la « recevabilité sociale » du projet urbain d’initiative publique. Le travail est mené en considérant que cette question conjugue des processus complexes, dont les interactions sont incontournables dans l’analyse, notamment la confrontation entre les politiques publiques urbaines et les pratiques sociales du citadin ordinaire. En premier, lieu, il s’agit non seulement d’identifier les formes d’appropriation des nouvelles dispositions spatiales par les citadins, la façon dont ils « reconfigurent » l’espace pour créer des lieux qu’ils investissent par l’usage, l’imaginaire et la symbolique et « annuler » les espaces qu’ils ont du mal à mettre en conformité avec leur habitus. Afin de rendre intelligibles ces pratiques, le travail suppose de connaître les traits caractéristiques du corps social concerné et son fonctionnement, notamment ses représentations, ses sociabilités, ses relations sociales… 

En second lieu, il s’agit de décrypter le processus de mise en œuvre du projet urbain, en particulier, le jeu des acteurs, les logiques sociales et les représentations qui les animent. Cette analyse mobilise la notion de gouvernance et interroge sur la démarche participative. Afin de comprendre les dispositions spatiales finalement produites, le regard doit porter sur la confrontation entre acteurs politico-administratifs et structure associative du quartier concerné, notamment sur les conditions de la participation et la façon dont elle a pesé sur le contenu du projet. 

La recherche s’appuie sur le cas du projet de restructuration du quartier de Bellevue (un ancien faubourg ouvrier) à Saint-Etienne, projet dont la réalisation a pris fin en 2000.