Intégration paysagère, intégration territoriale des nouvelles formes d’habitat social dans le Pas-de-Calais

Sylvie Letniowska-Swiat, PRAG, Mathieu Delanoy, Sylvie Coupleux, Jean-Perre Renard, professeur, université d’Artois, EA 2468 "Dynamiques des Réseaux et des Territoires"

L’image est reine dans nos sociétés. Un simple regard enferme l’individu dans un rôle, une catégorie. Au delà, de la mine, du faciès, le jugement assimile l’individu à un lieu de vie, un quartier, un type de logement. 

L’individu se fond dans l’espace par l’implication qu’il a avec ce dernier, par l’appropriation spatiale qu’il développe. L’espace alors approprié est intégré comme une partie intime devenant le territoire de l’individu. 

La relation au territoire est complexe, s’y mêle culturel et affectif, générant un sentiment d’appartenance qui forge la construction de l’identité individuelle mais aussi collective. Le sentiment de territorialité, les rapports que l’individu ou le groupe nouent et entretiennent avec le territoire conduit à forger son identité propre et à définir sa place parmi les autres. 

L’appréhension de cette territorialité, de l’identification au lieu, au quartier est importante dans la recherche sur l’habitat social. Miroir social de l’individu, elle permet d’appréhender son intégration au groupe mais aussi de déterminer sa place dans le reste de la communauté. 

Dans un projet pluridisciplinaire [1 ] sur le logement social individuel dans le Pas-de-Calais nous avons cherché à développer une approche géographique dans l’analyse de cette enveloppe sociale et identitaire qu’est le logement et fortiori le logement social. 

Cette recherche s’est déclinée selon trois orientations unies par la thématique de l’intégration : intégration des logements dans le paysage, intégration du quartier dans le territoire urbain, intégration des locataires sociaux dans la commune. 

Par enquêtes et interviews nous avons cherché à saisir les stratégies des trois groupes d’acteurs en présence : le bailleur social dans ces choix de sites, de types de logements construits, d’attribution des logements ; les acteurs locaux, dans leurs appréhension du logement social ; les résidents dans leur rapport au logement, au quartier. 

La première phase de l’étude a été menée sur un produit innovant en matière d’habitation, les « Vivades ». Ces logements individuels en mitoyenneté ou semi-mitoyenneté avec jardinet utilisent des matériaux et des techniques de construction « légères » mais répondant aux mornes HQE. 

Les enquêtes ont révélé un accueil initial de ces opérations mitigé de la part des acteurs locaux tant au niveau de l’innovation architecturale que représentait ces nouveaux logements que des populations auxquelles ils s’adressaient. Quant aux locataires, l’accès à un logement neuf individuel avec jardinet à l’architecture parfois déroutante est toujours vécu comme un processus valorisant d’intégration sociale.


[1] Le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, le Laboratoire Artois Mécanique Habitat, Pas-de-Calais Habitat et l’Equipe d’Accueil 2468 « Dynamiques des Réseaux et des Territoires » de l’Université d’Artois.