Dispositifs gérontologiques locaux et territoires : un rapport en mutation

Alice Rouyer, maîtresse de conférences & Lucie Rumeau, doctorante, univeristé de Toulouse II, UMR 5093 "Centre Interdisciplinaire d’Etudes Urbaines et Sociologiques"

Cette communication vise à rendre compte des résultats d’un projet de recherche mené conjointement par le Cirus-Cieu et l’Observatoire régional de la santé de Midi-Pyrénées sur les opérateurs du maintien à domicile en Haute-Garonne. L’analyse des dispositifs gérontologiques est actuellement un point de convergence des deux équipes. Dans un contexte de territorialisation de l’action publique sanitaire et sociale et de sensibilisation accrue des collectivités territoriales à la question du vieillissement des populations, nous nous sommes intéressés à la manière avec laquelle les opérateurs du maintien à domicile appréhendent leur inscription territoriale. Après un ensemble d’enquête qualitatives sur cette question, nous avons effectué une enquête de plus grande envergure nous éclairant sur les aires d’intervention des opérateurs, mais aussi sur la nature et les échelles de partenariats qu’ils établissent. 

La finalité de ce projet de recherche était d’analyser les aires d’intervention des différents services constitutifs des systèmes d’offre en direction des personnes âgées et mener une réflexion sur la notion de territoire de l’action gérontologique, à un moment où la mise en place des Centres Locaux d’Information et de Coordination rend celle-ci particulièrement nécessaire. Nous constatons que les « localités » de professionnels se structurent autour d’opérateurs dominants qui ont le plus souvent une assise ancienne. Très souvent ces opérateurs-animateurs sont des Centre communaux et intercommunaux d’action sociale, des syndicats intercommunaux, ou de grandes associations adhérentes de fédérations d’aide à domicile. Depuis les années 80, cependant, la volonté des pouvoirs publics de flexibiliser le marché des emplois à domicile a bouleversé la structure de l’offre, soumettant ces organismes à une concurrence accrue, diversifiant les logiques d’action des opérateurs et modifiant progressivement les formes et l’inscription territoriale des partenariats locaux. Nous sommes amené également à observer, face à ces évolutions, le relatif et paradoxal effacement des collectivités locales ainsi que la difficulté, pour les dispositifs existants, à prendre en compte la figure de l’habitant âgé derrière celle de l’usager.