Capital social et développement territorial : quel impact spatial des relations sociales

Salma Loudiyi, chargée d’étude, Valérie Angeon, maîtresse de conférences & Sylvie Lardon, chargée de recherche, Ecole Nationale du Génie Rural des Eaux et des Forêts à Clermont-Ferrand

La notion de "capital social" se réfère à l’ensemble de normes, valeurs et réseaux qui facilitent l’action collective autour d’un projet au sein d’une communauté. Cette définition courante regroupe les règles qui président à l’interaction entre individus autant que les structures qui cadrent ces interactions. 

Les contributions qui tendent à expliciter le terme sont nombreuses et se réfèrent aux champs de l’économie (Woolcok, Narayan),de la sociologie (Bourdieu, Coleman, Lin) ou de la science politique (Putnam, 1993, 1995, 2000). D’une manière générale, cette notion a été peu mobilisée par les géographes. 

Notre article vise à appréhender le capital social en tant que producteur de territorialité et s’intéresse à l’impact spatial des relations sociales. 

Dans la première partie du texte, nous nous attachons à présenter l’approche théorique du capital social. Dans une seconde partie, nous nous interrogeons sur la mobilisation de la notion par les géographes, en explorant la littérature. Notre objet est alors d’ approfondir la territorialisation du capital social.. Nous proposons troisièmement, un cadre conceptuel et une démarche pour saisir la pluralité des configurations territoriales et leur interaction avec le capital social dans les processus de développement territorial. Nous explicitons le contenu des deux approches retenues, privilégiant soit une entrée par le social, soit par le spatial. Lier le capital social aux organisations spatiales est une voie prometteuse pour la compréhension des processus de développement et la construction de formes de gouvernance territoriale.