« A Tale of Two Cities » : La régénération urbaine à Londres et à Birmingham

Stephen Hall, enseignant-chercheur à l’université de Birmingham

Cet article fournit un commentaire critique sur la politique de l’aménagement du territoire, la politique de la ville et le renouvellement urbain en Angleterre contemporaine. Il se concentre sur quatre quartiers, à Londres et à Birmingham, où la régénération a été poursuivie par le « de-municipalisation » du logement social (un thème important dans la régénération en Angleterre depuis le début des années 90). En Angleterre, la politique de la ville et le renouvellement urbain ont les caractéristiques principales suivantes : Les "règles du jeu" sont définies au niveau national. C’est-à-dire, le gouvernement central indique les priorités de base pour la régénération locale (actuellement, ceux-ci incluent l’intervention localement visée de côté de l’offre, le développement des partenariats et la participation locale), le cadre légal et financier, et les critères selon lesquels le progrès sera évalué. L’élaboration et l’exécution détaillées des dispositifs de régénération sont décentralisés aux collectivités locales et à leurs partenaires, qui agissent selon le cadre établi par gouvernement central. 

Cet article considère deux problèmes fondamentaux et, peut être, paradoxaux. 

1 - Le cadre national uniforme de régénération établi par gouvernement central est souvent insuffisamment sensible aux besoins et aux aspirations locales. Par exemple, à Birmingham, la régénération de certains quartiers a été frustrée parce que les résidents ont rejeté le « de-municipalisation » de leur logement, fortement soutenu par gouvernement central et la collectivité locale, dans un referendum. Ailleurs, la régénération menace de déplacer les résidents existants. À Londres, les programmes de régénération de gouvernement central n’ont pas suivi le changement démographique et ethnique de quelques quartiers. 

2 - La décentralisation de la responsabilité de formuler et de mettre en œuvre les dispositifs de régénération au niveau local néglige le fait que le Royaume Uni soit un espace social et économique unifié. La polarisation sociale à Londres est, en grand partie, un produit de la croissance explosive du secteur financier dû au statut de Londres comme "world city". À Birmingham, en revanche, la polarisation sociale est principalement le produit de la désindustrialisation. Cependant, il y a peu de considération du problème macro-économique du développement régional inégal. L’option pour réduire des pressions inflationnistes à Londres par la redistribution de la croissance économique aux villes du Nord et des Midlands n’est pas considérée par le gouvernement. Par conséquent, le gouvernement a été critiqué pour supporter la croissance insoutenable à Londres tandis que, simultanément, ne fournir pas aux villes du Nord et Midlands les moyens appropriés de lutter contre ses propres problèmes sociales et économiques. 

Le papier considérera les implications de ces deux questions pour les décisionnaires locaux et les riverains.