Modes d’investissement et d’appropriation d’espaces par les jeunes femmes à Ryad : Des pratiques ni "ordinaires" ni militantes


Le Renard Amélie, doctorante en sciences politiques, CERI, IEP de Paris 

Cette communication porte sur l’investissement de nouveaux espaces par les jeunes Saoudiennes au sein de la ville de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite, où les mobilisations politiques sont strictement encadrées. La présence des femmes dans les espaces urbains fait l’objet de négociations à différentes échelles. Des arguments politiques, économiques, moraux et sécuritaires sont mobilisés pour la justifier ou au contraire la condamner. Parce que la visibilité des femmes dans la ville n’est pas unanimement considérée comme légitime ou « ordinaire », l’investissement des espaces urbains a un coût élevé pour elles. Faudrait-il en déduire que l’appropriation d’espaces par les jeunes femmes constitue une forme de mobilisation ? La convergence de pratiques féminines de résistance vis-à-vis de certaines formes d’autorité dans les espaces urbains amène plutôt à réfléchir à la manière dont les interactions entre jeunes femmes dans des espaces de co-présence, voire d’entre-soi, font émerger de nouvelles normes de conduite en public. Le partage de mêmes espaces et la mise en scène de pratiques communes contribuent à tisser des identifications qui constituent en elles-mêmes un changement, même si elles ne peuvent pas être qualifiées de mobilisation ou d’action collective.