Les éboueurs du Caire face à la privatisation du système de collecte des ordures : mobilisation collective, stratégies d’ajustement et nouvelles pratiques spatiales


Florin Bénédicte, maître de conférences en géographie, UMR 6173 CITERES, Université François Rabelais, Tours 

En 2003, la signature de contrats entre les gouvernorats du Caire et de Guizah et de grandes sociétés européennes attribue la gestion des déchets de la quasi-totalité de la capitale égyptienne à ces dernières sans que les zabbâlîn – environ 150 000 « éboueurs » du système informel de collecte et de recyclage des déchets -, n’en soient avertis. La perte de leurs territoires professionnels et le manque à gagner pour les zabbâlîn déclenchent la « crise ». Dans un premier temps, la communauté zabbâlîn se mobilise (presque) collectivement contre la privatisation, puis, dans un second temps, sont engagées des négociations entre les gouvernorats et les représentants de la communauté. Parallèlement, une alliance, a priori improbable, se dessine entre les zabbâlîn et les habitants de certains quartiers du Caire, mécontents du nouveau mode de collecte des ordures et de son coût imposés par les multinationales. Nous nous intéresserons ici à la position discursive qui oppose les acteurs de ce conflit ainsi qu’à sa dimension spatiale.