Les anciens domaines coloniaux de l’Ouest Cameroun : espaces disputés entre légalité et légitimité

Tchinda Bertaud, Bounou Vincent et Tepoule Ngueke Joseph, doctorants en géographie, Université de Dschang (Cameroun) 


A Penka-Michel comme dans nombre d’anciennes plantations coloniales étatiques, les mouvements autochtones de revendications des terres ne vont pas tarder à se manifester même au lendemain de l’indépendance, sous-tendus par les soubresauts du micro-nationalisme. Dans ce contexte où droits fonciers traditionnel et moderne se superposent, les autochtones, au nom du droit coutumier invoquent la légitimité (bien-fondé) de leurs revendications tandis que l’État, incarnation de la légalité inhérente au droit moderne s’affirme propriétaire desdites terres et les attribue à sa guise. Cet embrouillamini plutôt curieux amène à interroger les modes d’appropriation de ces domaines, le jeu des acteurs, leurs motivations, leur perception des faits et leur rapport aux espaces considérés. La généralisation des conflits dans ces espaces remet au jour le problème de la spoliation des paysans par l’administration coloniale. L’objectif ici consiste, à partir d’importantes enquêtes socio-anthropologiques, d’une minutieuse exploitation des cartes et des données secondaires, à analyser les enjeux fonciers et les types de rapports sociaux qui se jouent autour de ces héritages coloniaux. L’ancien "domaine Lagarde" à Penka- Michel (548 ha) nous servira de cadre pour cette étude qui se situe à la croisée de l’histoire et de la géographie. 



Mots clés : Domaines coloniaux, espaces disputés, conflits, enjeux fonciers, rapports socio-spatiaux. 
Keywords : Colonial estates, disputed space, conflicts, land stakes, socio-spatial relationships.