De l’espace conçu à l’espace vécu : les modes d’appropriation d’un archétype du non-lieu : la gare

Audas Nathalie, doctorante en géographie et aménagement, UMR 6173 CITERES, Ecole Polytechnique de l’Université de Tours 

Au cours d’une recherche passée, nous avons étudié, le rapport affectif de l’individu envers un certain type d’espace : le non-lieu défini par Marc Augé comme étant « aussi bien les installations nécessaires à la circulation accélérée des personnes et des biens (voies rapides, échangeurs, gares, aéroports, réseaux) que les moyens de transport eux-mêmes (voiture, trains, avions ou Internet) ». Ces espaces qu’il prétend dénués de toutes caractéristiques historiques, culturelles et relationnelles, représentent l’opportunité d’une démonstration d’autant plus accentuée concernant l’impact du rapport affectif dans le processus d’appropriation d’un lieu. Il s’agit de mettre en évidence le rôle des représentations mentales dans leur dimension affective au cours de la transformation d’un lieu conçu en un lieu vécu. C’est précisément dans un espace, a priori dépourvu des caractéristiques fondatrices du lieu, que l’hypothèse selon laquelle le lieu, pour ce qu’il est et/ou ce qu’il contient, influencerait la nature du lien affectif entre l’individu et le lieu, sera mieux validée. Deux gares, celles de Tours et Saint-Pierre-des-Corps, furent choisies pour cerner le rôle des représentations mentales dans la production d’un rapport affectif envers ce type de lieu.