Motions émanant de l'UMR ESO : LPPR et réforme des retraites

 Motion du Conseil d’unité ESO – 09/12/2019
Reprise de la motion des section 11 et 23 du CNU
« ESO rappelle son attachement aux missions nationales du CNU, instance garante d’équité, d’impartialité, d’expertise et de collégialité dans l’évaluation des différents aspects de la carrière des enseignants-chercheurs. ESO s’alarme de certains éléments évoqués dans les rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche : la suppression de la procédure de qualification, de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services, de la référence aux 192 heures (équivalent TD) d’enseignement et donc de la rémunération des heures complémentaires, ainsi que la création de nouveaux contrats de travail d’exception aux dispositions statutaires. Si elles devaient être adoptées, ces dispositions équivaudraient à une remise en cause du statut d’enseignant- chercheur en renforçant l’éclatement du système universitaire français et la précarisation déjà croissante dans l’enseignement supérieur et la recherche. Nous appelons l’ensemble de nos collègues à la vigilance pour se défendre contre toute déstabilisation du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

Motion signée le 21/01/20 par 12 membres du département de géographie de l'Université d’Angers.
« Le département de géographie de l’Université d’Angers déclare sa solidarité avec les mobilisations en cours contre la réforme des retraites et contre le projet de Loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR) et leurs logiques qui consistent à accentuer encore davantage l’individualisation et la précarité en construisant une société à deux vitesses. Nous appelons à soutenir les mobilisations, à y participer, à soutenir les caisses de grève. »

Motion approuvée par 22 membres du laboratoire ESO-Caen (site caennais de l'UMR ESO) le 15 janvier 2020
« Appel à la mobilisation
Les membres du site caennais de l'UMR 6590 ESO réuni.es ce jour, conscient.es de la nécessité de soutenir le mouvement en cours contre la réforme des retraites ainsi que la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) appellent :
- à faire grève le mercredi 15 et surtout le jeudi 16 janvier ;
- à participer à l’AG du personnel mercredi 15 janvier à 12h en amphi D3 annexe droit ainsi qu'aux AG suivantes ;
- à participer en masse à la manifestation du 16 janvier à Caen et ailleurs ;- à favoriser (y compris pendant le temps de grève) toutes les actions de sensibilisation auprès des étudiant.es ;
- à participer à la caisse de grève en soutien au personnel gréviste de l’UCN ;
- à cesser les activités de recherche (report des colloques et journées d'étude, suspension du travail d'expertise et d'évaluation, refus de siéger dans les instances de l'ESR).
Dans le contexte actuel, où pèsent de graves menaces sur le service public dans toutes ses dimensions, et au-delà de la seule question des retraites – puisque s’annonce la LPPR –, nos statuts, nos conditions de travail ainsi que l'insertion professionnelle des jeunes chercheur.ses vont être fragilisés encore davantage : nous appelons donc les collègues à nous rejoindre dans l’action ».
Motion votée à l’unanimité le 23/01/2020 par le département de géographie de l’Université du Mans.
« Le département de géographie de l’Université du Mans se déclare solidaire des mobilisations en cours contre la réforme des retraites et la Loi pluriannuelle de programmation de la recherche (LPPR) et leurs logiques qui consistent à accentuer encore davantage l’individualisation, la concurrence et la précarité en construisant une société à deux vitesses. Nous nous opposons à la politique conduite ces dernières années accélérée par le projet de LPPR, qui a pour effet et finalité une forte dualisation de la recherche et des moyens qui y sont affectés (étoiles filantes et laboratoires d’excellence d’un côté ; difficultés croissantes de fonctionnement et de renouvellement des équipes, de l’autre, assorties de contrats de type « CDI de chantier » qui aggraveront la précarité des jeunes chercheurs). Nous dénonçons le projet d’asservissement économique de la recherche au profit d’intérêts contradictoires avec les besoins urgents de transition énergétique et socio-écologique déterminant l’avenir de nos sociétés .
Nous appelons en conséquence :
• au retrait du projet de loi LPPR et à l’ouverture d’une concertation incluant l’ensemble de la communauté universitaire
• à boycotter les instances d’évaluation et de programmation de la recherche (HCERES, ANR, …)
• à suspendre la participation à des manifestations scientifiques
• à ne pas transmettre les notes du premier semestre
• à soutenir les caisses de grève
• à organiser une Assemblée Générale étudiants/enseignants et à convoquer dans les plus brefs délais une Assemblée Générale de l’université associant l’ensemble des personnels et les étudiant·es, dans le cadre d’une journée banalisée qui sera l’occasion de réfléchir collectivement à ces évolutions ».

LPPR – Motion de l’ensemble du personnel de l’IGARUN (Nantes) – 30 janvier 2020
« Dans un contexte de dégradation continue des conditions de travail et d’existence dans l’enseignement supérieur et la recherche (pouvoir d’achat, précarisation des personnels et des étudiants, recours massif aux vacataires et aux contractuels dont l’indemnisation a été durcie par la récente « réforme » de l’assurance chômage) et de dégradation à venir des conditions de vie des personnels (baisse des pensions liée à la « réforme » des retraites), Nous, membres de l’Institut de Géographie et d’Aménagement Régional de l’Université de Nantes, (Enseignants-chercheurs, chercheurs, enseignants, BIATSS, ITA, doctorants) réunis ce 30 janvier 2020, Affirmons notre opposition aux transformations annoncées pour l'Enseignement supérieur et la recherche dans le cadre de la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) dont les orientations figurent dans les trois rapports remis à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche :
-renforcement du financement de la recherche par appels à projets
-création d’un « contrat à durée indéterminée de mission scientifique » ou CDI de projet, pour les personnels de la recherche et les personnels administratifs, qui prendra fin à l’issue des projets de recherche,
-mise en place de « tenure track » ou « recrutement conditionnel » pour les entrants dans le métier, avec une titularisation possible mais pas obligatoire après 5 à 7 ans,
-possibilité de recrutement des enseignants-chercheurs sans passer par la procédure de qualification au CNU,
-suppression de la règle des 192 h ETD d’enseignement pour les enseignants-chercheurs et la mise en place de la modulation des services, sans accord préalable des personnels concernés, sur la base de l’évaluation et de l’arbitrage des UFR ou des départements,
-renforcement de l’évaluation individuelle des carrières des enseignants-chercheurs par les établissements et l’adossement des primes et de la modulation des services à ces évaluations,
-renforcement du contrôle des personnels BIATSS et l’augmentation de leur temps de travail sans augmentation du salaire (36 pour, unanimité)
Nous portons au président de l’Université de Nantes, également vice-président de la CPU, et à celui ou celle qui lui succédera, les revendications suivantes :
-la demande d'un moratoire sur la LPPR au gouvernement, -la prise de position des instances de l’Université sur ce projet,
- l’organisation d’une réelle concertation nationale pour aboutir à un autre projet pour l’ESR
-la mise en place d’un plan de recrutement de titulaires à la hauteur des besoins administratifs, d’enseignement et de recherche, qui permette de résorber la précarité, et un plan de titularisation des personnels précaires sur emplois pérennes (36 pour, unanimité)
Nous appelons à une amplification du mouvement de contestation localement et à l’échelle nationale et invitons/appelons à :
-L’organisation de journées nationales ou locales de mobilisation contre le projet de LPPR. (26 pour, 1 contre, 10 abstentions)
-Faire grève lors de ces journées de mobilisation (11 pour, 6 contre, 10 abstentions)
-Mettre en place des temps d’échange et de discussion avec les étudiants et les personnels sur les contre-réformes en cours et leurs effets (37 pour, unanimité)
-Lever l’assiduité et éviter d’organiser des évaluations autant que possible lors de journées de mobilisations et de manifestations (18 pour, 0 contre, 10 abstentions)
-Ne pas participer aux comités de visite et instances HCERES (23 pour, 0 contre, 1 abstention) ».

Motion ESO-Rennes (site rennais de l’UMR ESO) – 27 janvier 2020
« Les membres du laboratoire ESO-Rennes, réunis en Assemblée Générale le 27 janvier 2020, partagent les inquiétudes de la communauté scientifique concernant le projet de LPPR.
Ce projet fait peser des menaces sur l’enseignement, la recherche et les conditions de travail dans l’ESR, notamment:
- la précarisation accrue des statuts dans tous ses métiers;
- l’amplification la logique de contractualisation;
- la promotion de structures et critères de rémunération qui fragilisent les individus et le sens du collectif;
- la forme et l’usage d’une évaluation punitive issue de pratiques managériales opaques.
Nous n’acceptons pas ces menaces et demandons que soient réaffirmées les valeurs du service public d’ESR à travers:
- une approche égalitaire et inclusive de l’ensemble des personnels;
- le renforcement du financement récurrent des unités de recherche;
- une évaluation par les pairs, collaborative et bienveillante.
Nous appelons l’ensemble des personnels de l’ESR à se mobiliser de manière solidaire et coordonnée, et à s’exprimer dans tous les espaces de débats pour défendre ces valeurs ».
La motion a été soumise à un sondage électronique.
Les résultats sont les suivants (pour 64 répondant-e-s au 4 février 16h00) : 3 NPPV, 8 abstentions, 3 contre et 50 pour. La motion est adoptée.

Télécharger le ficher pdf