Édito mars 2019

S’approprier la révolution numérique

Nous vivons aujourd’hui dans un monde social baigné par la connexion instantanée et la circulation de l’information de masse. Les jeunes générations n’ont pas connu autre chose que cette « condition numérique », puisque l’invention du Web a tout juste 30 ans ! Le 12 mars 1989, l’informaticien Tim Berners-Lee jette les bases du protocole de circulation des données numérisées, avant de créer le premier serveur Web et l’outil navigateur au sein du CERN, le laboratoire de physique nucléaire européen.

L’article du Monde des idées du 16 février souligne combien les usages actuels du Web remettent en cause l’utopie originelle de la société du partage de savoirs et d’échanges amicaux : « montée en puissance des géants de l’informatique défiant les États, arrivée d’un capitalisme de plateformes (Uber, Airbnb) très peu social, dérapages haineux des innombrables cafés du commerce en ligne du « village global » […](Frédéric Joignot). La liste s’allonge des effets pervers de l’usage du web, du foisonnement de l’information à la dérégulation de certains secteurs économiques.

À présent, pour notre activité professionnelle, il nous faut donc être formés aux techniques et aux usages du Web pour pouvoir en tirer parti de manière raisonnée et constructive. De fait, nous l’utilisons au quotidien pour rechercher de l’information, pour communiquer sur nos travaux, pour échanger avec nos collègues et nos tutelles (webmail, espaces collaboratifs tels My Core), pour rendre visible l’activité de publication du laboratoire (collection HAL SHS) et pour stocker nos données de recherche (cloud, Box HumaNum) et sur la recherche (Tableau de bord ESO). L'enjeu fondamental dans la numérisation des sociétés en réseau est la maîtrise de l'information - ou de la donnée -, laquelle est l'une des bases du savoir. Dans le champ qui est le nôtre, il s'agit de comprendre et d'agir sur les nouvelles formes de la production, validation et diffusion du savoir, process fortement impacté par la transformation du tout numérique et du tout connecté.

Dans ce cadre, deux préoccupations nous semblent fondamentales pour continuer à utiliser collectivement le Web avec discernement :

  • se former en s’appuyant sur les ressources proposées (Urfist, CNRS…)
  • mettre en commun nos pratiques et compétences individuelles,

l’idée étant que plus nous maîtriserons les enjeux et le fonctionnement de l’outil, mieux nos choix seront pertinents pour le mettre au service de nos dynamiques scientifiques.

Comme le rappellent Laura Ghebali et Vanessa Lyon, « la logique d’innovation est avant tout humaine […] La révolution numérique peut représenter une fantastique source d’émancipation qui peut permettre à chacun de se dépasser » (Laura Ghebali, Vanessa Lyon, Le Monde, 22/02/2019).

Emmanuelle Hellier

Stéphane Loret