•  Comment les lieux nous affectent-ils  ? Quels sont les facteurs, les mécanismes en œuvre  ?  D’un côté, notre humeur du moment, nos représentations, souvenirs, expériences, attentes entrent dans cette construction. D’un autre côté, le lieu, par sa configuration même et le sens que nous lui attribuons, dégage «  quelque chose  » qui surprend, inquiète ou apaise moralement et physiquement. Dans cette relation changeante ou qui se cristallise dans le passage de l’émotion au sentiment, l’image et l’enjeu...


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  • Nous venons de mettre en ligne un dossier thématique intitulé "Pandémie, crises et perspectives : lectures territoriales de la Covid-19" composé de 8 articles que je vous invite à consulter. Merci à Sophie Baudet Michel, Emmanuel Eliot et Yohan Fayet pour leur coordination de ce dossier à mes côté.La revue Francophone sur la santé et les territoires (RFST) a déménagé et est désormais hébergée sur le portail OPEN EDITION JOURNALS, ce qui est un immense pas en avant. L'intégralité des textes ont...


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  • La recherche académique en France dont l’objet porte sur le surf début dans les années 1990 à la faveur des travaux de Jean-Pierre Augustin (Surf Atlantique, les territoires de l’éphémère, paru en 1994-MSHA). Si, progressivement, les recherches se multiplient et les regards disciplinaires sont de plus en plus variés (géographie, sociologie, anthropologie, économie notamment), il est utile de « faire le point », plus de deux décennies après les travaux initiatiques précités. Actuellement dispersée...


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  • Ce rapport ambitionne d’exprimer un positionnement de la recherche en SHS, bien sûr ancré dans la conjoncture. Il a été rédigé entre le moment où la France sortait de son premier confinement et le moment où elle était déjà entrée dans la seconde vague de la Pandémie (mai-novembre 2020). Les points qu’il aborde sont ceux d’une recherche en train de se faire, évolutive par nature. L’autre caractéristique saillante de ce rapport, coordonné par Marie Gaille et Philippe Terral, est la démarche sur laquelle...


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  •  Motion du Conseil d’unité ESO – 09/12/2019Reprise de la motion des section 11 et 23 du CNU« ESO rappelle son attachement aux missions nationales du CNU, instance garante d’équité, d’impartialité, d’expertise et de collégialité dans l’évaluation des différents aspects de la carrière des enseignants-chercheurs. ESO s’alarme de certains éléments évoqués dans les rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche : la suppression de la procédure de qualification...


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  • Dans un contexte de concurrence accrue entre les territoires, le développement territorial et la mise en réseau sont édifiés comme des enjeux majeurs à de nombreuses échelles politiques et administratives. À ce titre, le colloque questionne l’inscription spatiale des dynamiques relationnelles et leurs rôles dans les trajectoires des territoires. La diversité des acteurs qui prennent part au développement interpelle les modes de gouvernance. La société civile et les structures de l’économie sociale...


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  •   Les espaces ruraux brésiliens connaissent des transformations rapides du fait de l’extension des cultures de rente, de l’exclusion des producteurs familiaux et de la dégradation des ressources naturelles (déforestation, érosion, pollutions). Ces transformations sont hétérogènes et complexes. Elles font intervenir des logiques d’acteurs privés et publics, dans des espaces aux potentialités et aux vulnérabilités différenciées.    Le colloque porte sur la caractérisation des transformations, sur...


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  • L'expérience migratoire est la rencontre de lieux insoupçonnés, invisibles, dont aucune carte géographique ne dresse l'existence. Ce sont des lieux de relégation, de confinement, de l'enfermement et de la mise à l'écart. L'auteur se penche sur cette vaste communauté, née dans la forêt, à la limite de l'Afrique du Nord et de l'Europe. Cette « zone grise » est le cadre de relations intenses entre des hommes qui ont les mêmes espoirs et les témoins ou acteurs extérieurs de leur rêve. En réalité, ces...


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Espaces et SOciétés (UMR 6590)

ESO – Espaces et Sociétés – a été créée au début des années 1980 à l’initiative de chercheurs ayant une solide expérience de collaboration acquise notamment dans l’ATP CNRS « Changement social ». Elle regroupe cinq sites localisés à Angers, Nantes, Caen, Le Mans, et Rennes. 

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Édito janvier 2021

Circulations

L’imbrication du social et du spatial s’incarne dans les phénomènes de circulations des populations ; les recherches sur les mobilités quotidiennes ou sur les processus migratoires en sont de bonnes illustrations : parcours situés des individus, hybridation de l’identité sociale en lien avec les lieux traversés et habités, modes de déplacement liés au rapport à l’espace aménagé… Dans une approche dynamique, on pourrait dire aussi que les circulations nous prennent au « piège » de leur développement, en transcendant un grand nombre de frontières poreuses.

À l’heure où les experts de l’Organisation Mondiale de la Santé s’apprêtent à investiguer en Chine sur les potentiels facteurs et lieux originels de la pandémie de Covid-19, une thèse développée par les chercheurs est celle de la transmission de zoonoses de la chauve-souris via des hôtes intermédiaires (civette pour le Sars-Covid1 en 2003, dromadaire pour le Mers en 2012)1. Même si les chercheurs n’ont pas encore identifié formellement l’espèce hôte intermédiaire pour le Sars-Covid2, biologistes, épidémiologistes voire écologues analysent le phénomène du franchissement de la barrière d’espèces par les virus comme la résultante de la mise en contact potentiellement risquée d’espèces qui n’auraient pas dû se côtoyer ; en cause, d’après eux, la déforestation excessive pour la mise en culture, l’extension des infrastructures ou l’urbanisation2. Selon cette thèse des effets collatéraux et systémiques de la perturbation des écosystèmes, d’autres pandémies pourraient donc émerger de bien des aires géographiques où la déforestation sévit.

En outre, le phénomène de massification des mobilités, de leur fluidité sur longue distance explique la diffusion accélérée et généralisée de la pandémie, et aujourd’hui la difficulté à la juguler sans entraver un minimum d’échanges. La mobilité de longue distance est donc ainsi réellement devenue un point nodal, stratégique, des enjeux que font peser les modes de vie actuels sur nos modèles de développement.

C’est sur cette idée que j’aimerais poursuivre l’édito, pour l’ouvrir sur un débat qui risque de nous agiter en tant que chercheur-se et citoyen-ne : celui des enjeux de mobilité longue ou moyenne distance, réalisées par avion. La réflexion éthique et pratique nous est proposée en tant que laboratoire de recherche par le labo1point5, association pilotée par deux chargés de recherche CNRS et InRAe, soutenue dans le cadre d’un appel CNRS à diminuer l’empreinte écologique des activités de recherche (https://labos1point5.org/). Au sein des postes de dépenses et d’émission de GES (isolation des bâtiments, matériel de laboratoire, consommables…), se trouvent les trajets longue distance en avion pour congrès et missions de terrain. Le recul de ces mobilités impliquerait de diminuer la fréquence d’investigation d’une partie des terrains, le suivi de programmes, de conventions et de doctorats, les interactions avec des groupes de collègues et la friction à l’altérité des cultures et des personnes, ce qui pose un problème de qualité et d’ambition de pratique professionnelle. La question éthique et déontologique est bien de déterminer où il est pertinent de mettre le curseur en termes de « rationalisation » des déplacements longue distance. La question se pose par rapport aux opportunités offertes par la mondialisation et par rapport à l’alternative des réunions à distance. Les interactions humaines et sociales n’étant pertinemment pas les mêmes par les outils de visio-conférence, l’activité de recherche s’en trouve modifiée, et du point de vue de l’émulation collective, dégradée.

Au total, pour concevoir une transition vers un optimum de qualité de nos environnements – qui contiennent notre vie en société, il est nécessaire de déterminer à plusieurs échelles et collectivement quelle place peuvent tenir nos mobilités. Il n’existe pas à proprement parler d’espace public international de régulation (les Accords de Paris de 2015 sont eux-mêmes pris en défaut par la non-participation de plusieurs grands pays) ; les contradictions internes entre préservation des emplois et conversion vers d’autres activités/mobilités ne sont pas simples à dépasser. Commencer par se donner des règles collectives dans nos sphères professionnelles est-il un premier pas ? Et réclamer simultanément en tant que citoyen.ne de la part des instances une régulation des intérêts économiques en jeu dans les circulations de personnes, au profit d’un bien commun supérieur, en est-il un autre ?

 

Emmanuelle Hellier

1 Étienne Decroly, Le Journal du CNRS, octobre 2020

2 Gilles Boeuf, France Culture, mars 2020

Éditos précédents

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