Ch. 5 [Form-emploi] L'espace et la relation formation/emploi

Equipe d’animation :Manuela Roupnel et Patrice Caro

 

Le chantier en résumé :

L’analyse de la dimension spatiale des parcours et des cheminements scolaires, de formation et d’insertion professionnelle des jeunes (collégiens, lycéens, étudiants) et des adultes (reconversion) demande à être approfondie, de façon pluridisciplinaire, voire interdisciplinaire. La majorité des travaux déjà menés sur ces questions à ESO sont majoritairement localisés en économie et en sociologie. La force de l’équipe du chantier est justement d’élargir de champ disciplinaire, notamment en spatialisant. L’équipe se compose en effet de sociologues et d’économistes, mais aussi de géographes et de spécialistes de sciences de l’éducation. Le croisement de nos approches, concepts, méthodologies et outils est un potentiel d’enrichissement à explorer. L’objectif du groupe est d’éclairer cette dimension spatiale des parcours en remobilisant les travaux passés et actuels des membres du groupe.

Les parcours scolaires, de formation et d’insertion professionnelle peuvent être appréhendés à partir des choix d’options pendant la scolarité (Alexandra Filhon) et de leurs choix d’orientation au sein des collèges ruraux (Anne Siccard-Balland). Ces choix s’opèrent parfois au sein d’espaces sociaux localisés plutôt populaires, il faut interroger l’articulation des parcours avec ce type d’espace (Quentin Brouard-Sala). Les parcours des jeunes et des adultes peuvent également connaître des ruptures, comme dans le cas des décrocheurs au collège et au lycée (Patrice Caro, Agnès Checcaglini), ou des questions d’inclusion et d’intégration avec les personnes en situation de handicap (Manuela Roupnel-Fuentes-Herrera). Compte tenu des publics déjà étudiés par les membres du chantier, il semble qu’il faudrait d’une part investir les parcours des lycéens généraux, technologiques et professionnels et, d’autre part, les parcours des individus en formations en alternance.

Une autre partie des membres du chantier s’intéresse aux parcours des étudiants post-bac : filières AES (Alexandra Filhon), insertion professionnelle post-universitaire (Jean-Philippe Melchior), insertion des jeunes sur le marché du travail et projets de reconversion des adultes (Patrice Caro, Agnès Checcaglini). D’autres membres s’intéressent à certaines filières, comme celle du développement durable et des métiers « verts » (Caroline Moumaneix). Depuis 2018, ces parcours variés s’insèrent de plus en plus dans différents dispositifs, financés par des politiques publiques étatiques et/ou régionales, qui visent à la fois la formation et les reconversions professionnelles, en ciblant les compétences : PIC et PRIC (Emmanuel Bioteau, Agnès Checcaglini, Manuela Roupnel-Fuentes-Herrera). Il faudrait se pencher sur la dimension spatiale de l’évaluation de ces politiques publiques (Quentin Brouard-Sala, Patrice Caro). Les systèmes de formation apparaissent comme multiscalaires, du régional à l’international (Emmanuel Bioteau, Mouloud Ouaras) et questionnent l’impact de l’espace et du territoire sur ces parcours (Patrice Caro, Agnès Checcaglini, Anne Siccard-Balland). Il serait enfin pertinent d’étudier les acteurs de ces systèmes de formation (personnel, élus, associations, familles…).

Comment le projet des jeunes et des adultes s’articule-t-il avec un rapport de ces derniers à l’espace (ex : articulation avec l’offre de formation de proximité, avec des contraintes et des ressources au sein de leurs familles) ? Comment les choix des lieux de formation jouent-ils sur les mobilités alternantes et résidentielles des jeunes et adultes ? Comment l’enclavement et l’isolement spatial pèsent-ils sur les choix de formation et d’insertion professionnelle ? Comment les représentations des distances, des temps de déplacement et des espaces jouent-elles un rôle dans la relation formation / emploi ? En quoi certains espaces permettent-ils de poursuivre malgré tout une formation, notamment en milieu rural (ex : tiers-lieux) ? Comment les projets, stratégies, rationalités et tactiques des jeunes et de leurs familles, ainsi que des adultes, en matière de formation et d’insertion professionnelle, prennent-ils en compte l’espace ? Comment spatialiser un système de formation ? Est-ce un système limité au local ou doit-il être appréhendé à plusieurs échelles ? (Appréhender un système de formation localisé, étendu sur un espace donné, système local, régional, national).

A discuter : apport de la dimension spatiale dans les parcours de formation et d’emploi, points communs dans nos méthodes, lecture spécifique d’ESO sur ces questions, cadres théorique et d’analyse.